Publié le Lundi 12 mai 2025 à 22h50.

Résolution politique - CPN des 10 et 11 mai 2025

Résolution sur la situation politique adoptée lors du Conseil Politique National du NPA-L'Anticapitaliste des 10 et 11 mai 2025.

Extrême droite, austérité, guerre coloniale
Les tâches de notre parti anticapitaliste dans cette situation instable

 

Situation internationale       

Depuis le congrès, une partie de la situation internationale a sensiblement évolué, nous développons quelques points d’évolution importants qui se différencient du texte de fin mars. Celui-ci passe d’abord et avant tout par la création d’un nouvel axe, proto-fascisant, regroupant Trump, Poutine et Netanyahou, qui renforce la montée du fascisme en Europe, dont la probable victoire de l'extrême droite en Roumanie, ainsi que l'entrée de l'AFD au Reichstag, sont des signaux d’alarme. 
 
États-Unis/Trump. La présidence de Trump vient de dépasser les 100 jours et l’évolution de la situation politique intérieure a été significative. La stratégie du choc et la sidération a permis qu’une certaine partie des réformes de politiques internes soient appliquées : fin du programme d’aides mondiales, de programmes sociaux, licenciements de pans entiers de l’État fédéral… La chasse aux migrant·es et laquasi-impunité de la police aux frontières a permis la déportation de plusieurs milliers de personnes, certaines mineures ou avec des situations légales, via l’utilisation de camps de détention au Salvador. De même la politique tarifaire, elle aussi de choc n’a pas eu l’effet escompté sur tous les concurrents : Europe, Russie et Chine. Cette situation a permis de justifier le nationalisme partout dans le monde et la volonté de développer les crédits pour l’armement. Les instabilités créées par l’élection de Trump semblent se confirmer et s’amplifier même si un timide retour des oppositions en interne à ces politiques se profile. 

Ukraine. C’est en Ukraine que la situation a évolué le plus vite : le plan de Trump pour la « paix »consiste à entériner l’annexion par la Russie des territoires qu’elle occupe actuellement, notamment mais pas seulement la Crimée. Ces « négociations » ont lieu sans cessez-le-feu et la Russie a continué ses bombardements.  Il est clair que le peuple ukrainien est pour l’instant en train d’être laissé à l’abandon sans mobilisation de soutien effectif. 

Sous la pression des bombardements russes, le gouvernement ukrainien a signé un accord avec les États-Unis pour l'exploitation des minerais. Cet accord relève d'une politique coloniale, réduisant la souveraineté de l'Ukraine sur son territoire et sur les ressources qui appartiennent au peuple ukrainien. Les bénéficiaires de cet accord sont en effet les États-Unis et peut-être l'oligarchie ukrainienne, tandis que le peuple ukrainien n'obtient aucune contrepartie, y compris en termes de garanties de sécurité. Entre-temps, la Russie a renforcé sa propagande contre la Lituanie, en employant les mêmes termes que ceux employés pour justifier l'agression de l'Ukraine.

Palestine. Du côté d’Israël/Palestine, la situation s’est très sérieusement dégradée. Nous assistons à une nouvelle escalade dans l’horreur à Gaza : les bombardements ont repris avec des destructions, l’utilisation de drones « suicide », de bombes de plusieurs centaines kilos sur des tentes. La bande est de nouveau affamée et assoiffée. Israël intensifie la colonisation à Gaza en créant un nouveau corridor qui sépare la bande de Gaza, mais aussi en Cisjordanie par la destruction/évacuation de plusieurs camps de réfugié·es. On assiste aussi au début des expulsions/déportations pour l’instant à une faible échelle avec la complicité notamment de la France. Concernant les négociations de cessez-le-feu, le Hamas avait annoncé la libération de tous les otages, qu’il céderait le contrôle de Gaza et qu’il cesserait la fabrication de roquettes en échange de la « fin de la guerre », ce que Netanyahou et son gouvernement ont refusé. Il est certain qu’il y a un décalage entre le mouvement de solidarité et la violence du génocide. Il est plus que jamais nécessaire de développer la solidarité.
 Israël continue de bombarder le Liban, jusqu’à Beyrouth. Son armée occupe une partie de la Syrie et  constitue une force contre-révolutionnaire majeure. C'est un facteur d’instabilité mondiale. 

Situation nationale 

Situation économique, sociale et luttes 

Les tendances récessives s’affirment. Dans une période déjà dominée par une tendance récessive, les économies européennes doivent faire face à une concurrence accrue, dans un contexte dominé par la hausse des budgets militaires. Cela entraîne une très forte pression austéritaire, qui se traduit en France par l’annonce par le gouvernement Bayrou d’un objet de 40 nouveaux milliards d’économie. 
Celle-ci doit s’organiser en trois volets. D’une part, par de nouvelles coupes dans le budget de la Sécurité sociale et celui des services publics, dont témoigne l’annonce par Amélie de Montchalin de la suppression du tiers des agences ou opérateurs de l’État, dont la plupart ont pourtant des missions essentielles pour la protection de l’environnement. D’autre part, par de nouveaux prélèvements fiscaux, que le gouvernement entend réserver aux seuls ménages, avec l’annonce de la suppression à venir de l’abattement fiscal de 10 % pour les retraités. Enfin, par un nouveau tour de vis sur les salaires que Bayrou a annoncé, en annonçant qu’il allait s’attaquer aux quelques mesures catégorielles, mises en œuvre pour atténuer dans certains secteurs les effets du gel du point d’indice. À ces mesures s’ajoute également une baisse importante des moyens alloués au collectivités locales alors qu’elles portent 70 % de l’investissement public. Cela ne pourra qu’accentuer la spirale récessive.
Ces politiques publiques ont aussi des conséquences dans le secteur privé, dans un contexte où le capitalisme européen a de plus en plus de mal à faire face à la concurrence des autres blocs impérialistes. Ces difficultés se traduisent par la poursuite de la vague industrielle de licenciements dans l’industrie et le commerce entre autres, comme en témoigne l’annonce par ArcelorMittal, un groupe sidérurgique qui a pourtant bénéficié d’aides publiques massives, de la suppression de 636 postes, qui devraient être délocalisés en Inde. La situation est encore pire dans le groupeélectronique Intel où, après une première vague de licenciements en 2024, une deuxième vague est annoncée pour 2025 avec pour enjeu la suppression de 20 % de ses effectifs en France.

Le mouvement ouvrier est en recul. Face à la multiplication de ces licenciements, le mouvement ouvrier est en grande difficulté et se trouve cantonné à des résistances boîte par boîte. Le jugement rendu le 10 avril par le tribunal de commerce de Lyon sur l’avenir de l’usine chimique de Vencorex en Isère, qui a décidé de préférer l’offre du groupe Wanhua – une reprise qui se soldera par le licenciement de la quasi-totalité des effectifs – à la proposition de coopérative mise en place par les salarié.e.s pour sauver les emplois en est l’expression.
Il est toutefois à noter que les luttes restent significatives sur les questions écologiques. La manifestation contre l’extension de l’usine de semi-conducteurs de ST Micro à Bernin (38), avec des dégâts écologiques majeurs, a réuni 3000 personnes. Boosté par les dégâts que suscite le chantier de la LGV Lyon-Turin dans la vallée de la Maurienne, mais aussi par la mise en place des expropriations pour l’accès au tunnel du côté français, le mouvement « No Tav » connaît un net regain, qui s’est manifesté par le succès de la manifestation tenue à Chambéry le 12 avril.
Ces mouvements s’appuient d’une part sur une conscience politique de l’importance de la lutte contre l’autoritarisme et d’autre part sur une volonté de donner un sens au travail. Par ailleurs, dans certains secteurs des cadres nouveaux apparaissent. Tel est le cas dans l’Enseignement supérieur et la recherche, avec le succès du lancement de la campagne Stand Up For Science. Ces cadres nouveaux peuvent offrir des voies d’auto-organisation, même en dehors des structures traditionnelles du mouvement ouvrier. La mobilisation à la SNCF autour du 8 mai et la mobilisation fonction publique du 13 mai seront aussi des indicateurs de la situation.

 

La crise de régime et échéances électorales 

L’incapacité des classes dominantes à résoudre les crises que génère le capitalisme se double d’un approfondissement de la crise politique. La séquence ouverte par la dissolution de l’Assemblée nationale est toujours ouverte et l’absence de majorité absolue au parlement amplifie une crise politique sans précédent. L’ensemble des partis ayant dirigé la France se trouvent déconsidérés. Les institutions de la 5e République se trouvent elles-mêmes frappées par une crise de légitimité profonde. Le rejet massif des politiques austéritaires menées, qui s’est notamment exprimé fortement lors du mouvement des retraites, est une constante de ces dernières années. Dans ce contexte, les semaines et mois à venir peuvent être marquées par une accélération de la crise politique, tant le gouvernement Bayrou est fragile, dépourvu d’assise et miné par les divisions et ambitions personnelles. Le Premier ministre lui-même est englué dans ses mensonges sur l’affaire des violences psychiques, physiques et sexuelles à Bétharram. Quant au président de la République, il est honni dans le pays tant la politique qu’il mène est désastreuse pour le plus grand nombre et favorable à une minorité d’ultra-riches. Avec Macron et Bayrou, c’est l’ensemble du pouvoir exécutif qui est rejeté. L’instabilité politique peut se traduire par une nouvelle censure du gouvernement, voire par une nouvelle dissolution. Un tel scénario ne manquera pas de marquer une accélération de la crise de régime que nous connaissons. C’est dans cette période où les crises se conjuguent que se dérouleront les élections municipales de 2026 et les élections présidentielles de 2027. En l'absence d’un mouvement social massif et sans perspective politique de rupture à gauche la période est favorable à l’extrême droite. Cela d’autant plus qu’une partie des classes dominantes a fait clairement le choix de préparer le terrain à l’accession au pouvoir du Rassemblement national. 

 

La droite et l’extrême droite

Malgré les déclarations des LR pour se démarquer du programme économique du RN, les politiques racistes et sécuritaires (politique coloniale à Mayotte, interventionnisme islamophobe, grandes opérations policières ...) engagées par le gouvernement Bayrou suscitent une surenchère parmi les droites extrêmes au sein même de d'État, avant l'échéance présidentielle. Par ailleurs, le raidissement autoritaire et raciste du gouvernement s’exprime également par un renforcement de l’appareil répressif de l’État ainsi que son offensive judiciaire de criminalisation de la solidarité avec les migrant.e.s. Au Pays Basque Nord, cela se traduit concrètement par la persécution des septmilitant.e.s inculpé.e.s pour avoir aidé des migrant.e.s à franchir la frontière de la Bidassoa ; ainsi que par la création d’une cellule de renseignement spéciale sur le territoire récemment annoncée par Bruno Retailleau. Ce glissement établit dans les faits la convergence avec l'extrême droite et prépare son ascension au pouvoir : l'autoritarisme de l'exécutif converge avec le populisme néo-fasciste du RN qui s’exprime en particulier dans ses tentatives de mobilisation contre ses condamnations judiciaires. La stratégie de la légitimation institutionnelle de l'extrême droite transcroît avec la délégitimation de l'État de droit en processus de fascisation de l’État. La constitution présidentialiste de la Ve République, conjuguée à la délégitimation des pouvoirs judiciaires, exécutifs et législatifs, et à l’omniprésence de l'extrême droite dans les médias ouvrent à un basculement.
La priorité est à l'antifascisme et à l'antiracisme. Les meurtres racistes de la semaine du 21 avril indiquent l’accélération des passages à l’acte dans la population et la menace directe sur les premierEs concernéEs. Pour défendre l’unité de notre classe, il nous faut intensifier la dénonciation de l’islamophobie, sur une ligne radicale, y compris lorsqu’elle s’exprime à gauche. L’islamophobie divise notre camp social, nourrit   l’adhésion au RN et traverse les classes indépendamment des intérêts matériels qui devraient lier le prolétariat. 

Combattre l’extrême droite implique de mener de concert :
- combattre ce qui fonde son idéologie : l’exclusion, le racisme et la défense de la suprématie blanche ; ainsi que lutter contre la domination blanche afin d'opposer à la solidarité de race souhaitée par le RN une réelle solidarité de classe.
- Entraîner la gauche et ses organisations dont les positions progressent dans l'action de masse. Le 11 mai est un premier temps fort qui doit en appeler d'autres à travers une structuration renforcée à tous les niveaux.
            Dans la même perspective, cette campagne doit permettre d’associer l’antiracisme et la lutte contre l’exploitation et ainsi construire un discours « social » qui permette d’unifier notre classe et qui barre ainsi la route au racisme que l’extrême droite instrumentalise.
 

La gauche politique et syndicale

Unité politique. Le front unique reste notre boussole pour construire une contre-offensive des organisations politiques et syndicales. Nous voulons construire des cadres unitaires et non sectaires pour l’action. Cela ne nous empêche pas d’y défendre notre politique. 
 Le combat pour l’hégémonie au sein du NFP entre LFI et les autres forces (PS, PC, EELV) qui pèsent pour déplacer le centre de gravité à droite affaibli les cadres unitaires. Le cadre « NFP uni », que nous construisons, peine à faire exister une réalité nationale émanant des comités NFP de base. Le refus de vote de la motion de censure par le PS a mis aussi en évidence la division des forces de gauche, sans pour autant détruire l’aspiration à l’unité et les comités NFP à la base. Ce travail doit continuer, même si les comités NFP restent globalement faibles. Il en est de même pour les regroupements de l'Alternative qui, s’ils sont nécessaires, regroupent peu de militantes et de militants. 
Les partis institutionnels se positionnent surtout sur des échéances électorales (municipales, législatives anticipées, présidentielles). Sans tomber dans des travers électoralistes, nous profitons de ce moment de discussions politiques larges pour avancer nos positions sur le fond : crise démocratique de la Vème République, reconstruction d’une conscience de classe qui passera nécessairement par un affrontement avec le patronat, le gouvernement et en dernier ressort l’État.  

Sur l’unité syndicale. 
Le front syndical unanime de la bataille contre la réforme des retraites n’existe plus, et les différentes centrales sont revenues à leur positionnement respectif classique : l’accompagnement pour la CFDT avec la participation ad nauseam au conclave et l’absence d’appel à quelque mobilisation que ce soit, la surenchère verbale sans participation à la construction des mobilisations pour FO, l’hésitation pour la CGT entre la posture de partenaire social et la confrontation avec un gouvernement dont il n’y a rien à attendre. Cette dernière adopte néanmoins un positionnement globalement correct contre la course aux armements et la politique d’austérité qui en est le pendant. Avec Solidaires et la FSU, elle cherche à prendre des initiatives de mobilisation, dans la fonction publique et au niveau interprofessionnel. Mais ces tentatives sont timides, sans appel clair à la grève, et peu préparées. Les mobilisations qui existent dans les entreprises confrontées aux plans de licenciement ne sont pas coordonnées.  Cela traduit des difficultés réelles de mobilisation, liées notamment à la défaite de 2023 et à l’attentisme du fait de l’instabilité politique, tout en amplifiant ces difficultés alors que la disponibilité à lutter existe dans certains secteurs : fonction publique territoriale, universités, culture… laminées par les coupes budgétaires, entreprises en proie à des plans de suppressions d’emplois importants….

Nos tâches et échéances 

Nos interventions 

Front unique et NFP. Voir plus haut.
Marche des fiertés. Tout au long du mois de juin, dans plusieurs villes de France, les marches des fiertés sont l’occasion de mobiliser contre l’oppression et pour les droits des LGBTI. Au moment d’une vaste offensive anti trans de la part des droites et extrêmes droites, il est crucial que notre organisation dans son ensemble participe à ces manifestations.

Nos interventions dans les prochains mois

1/ Contre les guerres impérialistes et pour les droits des peuples
 

Dans la période de crises multiples et de montée de l’extrême droite, les classes dirigeantes font le choix d’un réarmement global, qui favorise la marche vers la guerre.

En Europe, ce choix s’incarne dans le projet « Rearm Europe » qui propose d’investir près de 800 Milliards dans le réarmement européen d’ici 2030 et en France, le gouvernement prévoit d’y mettre 413 milliards.
Ce réarmement et la réorientation d’une partie de la production seront évidemment le prétexte à une baisse encore plus violente des dépenses publiques et auront des conséquences majeures en termes d’emplois dans de nombreux secteurs. Les mobilisations naissantes contre l’austérité dans la fonction publique, mettent en miroir coupes budgétaires et augmentation du budget militaire. Ce rejet de la guerre est un élément positif dans la situation.
Pour les classes dominantes cette dynamique militariste doit s’appuyer sur un pendant répressif et autoritaire qui s’accélère avec les dissolutions d'Urgence Palestine et de la Jeune Garde, tout cela dans un climat nauséabond, raciste et islamophobe.
Dans les syndicats, des contradictions émergent, notamment entre les secteurs opposés à la guerre et ceux qui voient dans les politiques de réarmement une opportunité pour créer des emplois et redonner de l’air aux appareils syndicaux bureaucratiques. Nous devons mettre en débat nos perspectives : socialisation de l’industrie d’armement, reconversion de la production afin de répondre aux enjeux sociaux et écologiques, contrôle et finalité de la production. 
Construisons les mobilisations contre l’impérialisme et les guerres qu’il engendre, et pour les droits des peuples oppriméEs, pour leur droit à vivre sur leurs terres. Il n’est pas question de se ranger derrière un impérialisme, ni d’union sacrée, pas plus qu’il n’est question de pacifisme abstrait. Il faut nous positionner clairement dans la guerre de classe internationale. 
Dans ce contexte, différents cadres unitaires émergent. 
En France, la coalition « guerre à la guerre, une coalition pour désarmer le militarisme » regroupe les Soulèvements de La Terre et d’autres organisations alliées (UP, Tsedek, Survie…). Jusqu’à présent, cette coalition naissante ne regroupe pas les organisations de la gauche sociale et politique et reste pour l’instant flou sur la question du soutien à la résistance de certains peuples luttant contre l’impérialisme. Un de nos premiers objectifs devra être de contribuer à son élargissement.
Un cadre unitaire s’est constitué en particulier autour de l’opposition au salon international de l’aéronautique et de l’espace au Bourget du 16 au 22 juin 2025 auquel nous devons participer activement et tenter de la construire comme une échéance nationale pour l’organisation. Cette mobilisation est un véritable point d’appui, car elle rassemble organisations politiques, syndicats et associations qui veulent dire non à la guerre, mais aussi non au colonialisme. 
En prenant appui sur cette échéance, Il faut pousser à la construction d'un cadre unitaire large et massif, au niveau national comme international, contre la course à l'armement des puissances impérialistes et des dictatures et pour un désarmement généralisé. Ce cadre ne doit pas fracturer l'internationalisme européen et international ainsi que les intérêts communs aux travailleurs.euses et opprimé.es de tous pays, mais au contraire doit intégrer les organisations  politiques, sociales et syndicales d'Europe de l'ouest et de l'est et au-delà, engagées dans la lutte conjointe à la fois pour le droit à l'autodétermination des peuples et les droits sociaux, contre les politiques colonialistes et militaristes de la droite et de l'extrême droite internationales.

2/ En solidarité avec la lutte du peuple Palestinien et contre le génocide
L'aggravation de la situation à Gaza, la poursuite des frappes contre le Liban et la fuite en avant du projet colonial et de nettoyage ethnique israélien rendent encore plus criante l’insuffisance des mobilisations internationales. 
Nous poursuivons nos efforts pour développer la mobilisation en France en nous appuyant sur les collectifs les plus larges possibles.
Nous menons la campagne contre la dissolution d’Urgence Palestine. Si cette campagne est victorieuse nous nous appuierons sur la dynamique pour renforcer UP et accompagner la création de nouvelles sections. Si la dissolution est prononcée, nous serons partie prenante des initiatives qui devront permettre de réorganiser la solidarité avec le peuple palestinien.
Le 17 mai nous préparons et participons aux mobilisations dans le cadre de la semaine internationale de commémoration de la Nakba.
Nous appelons à faire de la mobilisation contre le salon de l’armement au Bourget une initiative centrale notamment dans le cadre d’une manifestation nationale le 21 juin. Dans ce cadre, nous faisons le lien entre l’opposition globale aux guerres impérialistes et la dénonciation spécifique de la participation d’Israël à ce salon.
Nous menons la bataille contre la criminalisation de la solidarité avec la Palestine et contre l’assimilation de l’antisionisme à l’antisémitisme. Dans les universités nous dénonçons la loi votée par le parlement intégrant la définition de l’antisémitisme de l’IHRA assimilant la critique de la politique de l’État d’Israël et l’antisionisme avec l’antisémitisme.

3/ Une campagne antiraciste et anti-islamophobie
Les attentats islamophobes (mosquée du Gard) de la dernière semaine d’avril nous pressent de réagir. Les discussions engagées autour d’une campagne contre l’islamophobie, depuis la proposition LR sur l’interdiction du hijab dans les sports, doivent rendre possible la diffusion rapide d’un matériel adéquat pour une campagne spécifique. Celle-ci dénoncerait le racisme d’État avec l’accroissement des mesures législatives antimusulmanes depuis 2004, en mettant en évidence la continuité entre la criminalisation de la visibilité musulmane et les actions directes contre les personnes musulmanes. Elle viserait aussi à la construction de cadres de mobilisation et de solidarité avec les personnes musulmanes, à travers les campagnes de sensibilisation. Pour avoir une visibilité et tirer le bilan de ces campagnes nationales, nous souhaiterions centraliser les retours sur les discussions locales de ces campagnes.
Construire ensemble le parti, c'est, outre le dépassement des tensions et la définition de notre ligne, renforcer également ses cadres centralisateurs. Il revient au CPN d'accompagner les comités sur la gestion de ces campagnes, en particulier par le biais du suivi des comités, qui permet aussi de proposer au cpn un bilan politique après la campagne.

Notre implication dans les échéances électorales à venir : 
Municipales. 
Cette question sera discutée lors du CPN en visio du 25 mai. 

Présidentielles. 
Comme en témoigne la récente invitation par Lucie Castets de l’ensemble des partis de gauche pour discuter d’une candidature commune en 2027, la question de la présidentielle agite beaucoup les appareils, qui sont en train de définir leurs positions, comme en témoigne le congrès du PS. Tombant dans le vieux panneau du présidentialisme, les partis de gauche font surtout porter le débat sur le casting, en particulier sur la candidature de Mélenchon, qui est le centre de discussion générale. La place de ce débat, qui est posé sous la forme d’une discussion autour de « primaires », manifeste d’une part la fragilité de l’hégémonie de LFI qui avait exprimé son désaccord avec cette tactique aux présidentielles précédentes, et d’autre part s’inscrit dans la tentative du PS, mais aussi du PC et des Écologistes, de déplacer plus à droite le pivot d’une nouvelle union des gauches. Concernant la future présidentielle, le NPA l’Anticapitaliste commence à se positionner et s’inscrit dans les discussions en cours. Il doit rappeler que la gauche ne pourra se faire entendre qu’en portant une véritable alternative à l’ordre capitaliste qui ravage la planète et les populations, ce qui ne peut se faire sans rupture avec l’ordre établi et surtout sans une campagne prenant appui sur les aspirations des classes populaires. Nous mettons en avant l’urgence de la situation, l’unité de la gauche face à l’affrontement entre macronisme et extrême-droite et une ligne de rupture, combative et intransigeante en défense de notre camp social (interdiction des licenciements, augmentation des salaires et retraites, redéploiement des services publics, antiracisme, féminisme, contre la guerre, contre le ravage de la planète et des population). Le programme du NFP qui a incarné ces aspirations en juin dernier est une base de discussion pour la gauche. 

4. Afin de renforcer le développement du secteur et des comités jeunes : mener une campagne sur les universités dès la rentrée 2025 avec l’implication de tous les comités en appui des JA. Cela implique la mise en oeuvre de plusieurs actions :

 

- Une série de réunions publiques avec l'intervention des JA accompagnéEs des portes paroles ou de personnalités populaires chez les jeunes

 

- Tenir des tables lors des journées de rentrée des universités ;

 

- Tracter sur les facs dès les premières semaines de la rentrée avec des thématiques spécifiques à la jeunesse ;

 

- Organiser des réunions ou formations ouvertes afin d'inviter les sympathisantEs jeunes.

C'est à cette période qu’il sera possible d'intégrer progressivement de nombreux sympathisantEs jeunes.
Par ailleurs, il est essentiel que les comités communiquent auprès des militantEs et sympathisantEs jeunes sur les Rencontres Internationales Jeunes qui se dérouleront du 19 au 26 juillet 2025 en Belgique. Des 4 pages ont été imprimés et distribués lors du CPN.

5. Campagne « Reprenons la rue ! »

Cette campagne a plusieurs objectifs :

1/ Mobiliser l’ensemble de l’organisation autour d’une campagne en propre, qui fasse apparaître notre parti dans le paysage politique et aide à sa construction. 

Notre parti se met au service du mouvement social, ce qui est une bonne chose, mais au prix parfois de sa propre apparition. Or, dans une période de reconstruction, nous ne devons pas avoir honte d’exister en propre, nous en avons même besoin pour avancer.

2/ Poser la question de notre stratégie à une large échelle, en tout cas au-delà des débats internes aux organisations de la gauche politique et sociale.
 

Contrairement à nos espérances, le NFP n’a pas donné lieu à des mobilisations d’ampleur une fois les législatives passées. Chaque organisation est retournée à ses affaires, réduisant le NFP à une pure mobilisation électorale, loin de ses potentialités initiales. Le NPA doit réaffirmer que seule la mobilisation de l’ensemble de notre camp social permettra de changer quoi que ce soit à la situation, que ce soit pour contrer les politiques austéritaires et autoritaires, ou pour repousser le fascisme.
Dès lors, dès la rentrée, chaque comité s’empare de la campagne « Reprenons la rue ! », en la déclinant avec quelques revendications phares du NPA qui ont un sens dans le contexte local, au choix en fonction de ce que les comités jugent pertinent (salaires, emploi, services publics, racisme et islamophobie, oppressions, etc.).
Du matériel (autocollants, affiches, 4 pages) sera disponible pour cette campagne à l’UDT. Ce slogan pourra se décliner sur nos apparitions politiques, notre matériel, sur le modèle de ce que nous avons pu faire lors de nos campagnes présidentielles.

À ce stade, nous votons le principe de cette campagne centrale pour la rentrée. Nous attendons les retours des comités pour le prochain CPN afin d’en dessiner les contours plus précis. 

 

Nos initiatives 

Université d’été. D’ici l’automne, nos prochaines échéances sont, sauf retournement brutal de la situation comme on l’a connu l’été dernier, de réussir notre Université d’été. Pour cela nous encourageons les commissions à définir les thèmes et les invités. 
Fête de l’Humanité. La fête de l’Humanité en septembre, dans une moindre mesure, puisqu’elle concerne surtout la région parisienne, est une échéance presque centrale en raison des débats qui s’y organisent et des rencontres.
Achat du local national et imprimerie. Enfin, dans un autre registre, néanmoins important pour maintenir la structure et l'ossature de notre petite organisation, l’achat de notre local est un des chantiers immédiats de la future direction.