En bombardant massivement de nombreuses villes d’Iran, les États-Unis et l’État d’Israël ont déclenché une nouvelle guerre au Moyen-Orient, dont nul ne peut aujourd’hui mesurer les conséquences.
Cette nouvelle campagne de frappes a été lancée alors même que la République islamique d’Iran et les États-Unis étaient engagés dans des négociations et que des compromis venaient d'être acceptés par le régime iranien. Elles viennent en soutien de la politique israélienne, qui a décidé d’être le seul acteur dominant dans la région.
Cette nouvelle guerre de Trump survient dans un contexte de virage dans la politique impérialiste des USA, au mépris total du droit international, dans la lignée de l’enlèvement de Maduro, des menaces sur le Groenland mais surtout des deux années de guerre génocidaire menée par Israël à Gaza et en Cisjordanie.
Après avoir affirmé, à l’issue de la guerre des douze jours en juin dernier, que les installations nucléaires iraniennes avaient été détruites, Donald Trump justifie désormais cette nouvelle offensive par la menace que représenteraient les programmes nucléaire et balistique iraniens. On retrouve le même prétexte qu’en 2003 pour justifier l’intervention en Irak.
Si les bombardements actuels visent, certes, des centres du pouvoir de la République islamique d’Iran, l’objectif reste d’installer des dirigeants complaisants qui permettront aux USA de faire main basse sur les ressources énergétiques. Personne ne pleurera la mort du guide Khameneï, dictateur honni par la population, responsable de la mort de dizaines de milliers d’Iraniennes et d’Iraniens. Bien au contraire. Mais son élimination par les États-Unis et Israël n’apportera pas la liberté aux peuples d’Iran. Pas plus que celle de Saddam Hussein n’a apporté la liberté en Irak ou que celle de Khadafi n’a libéré le peuple lybien.
Nous le savons, si la guerre devait apporter réellement la liberté, le Moyen-Orient serait la région la plus libre du monde.
Ce sont une fois de plus les populations civiles qui paient le prix le plus lourd. Plus de 100 fillettes ont péri dans le bombardement israélien de leur école à Minab, près de Bandar Abbas. Des écoles, des hôpitaux, des services publics et des quartiers résidentiels ont été frappés par des attaques meurtrières qui ont causé la mort de plusieurs centaines de personnes.
Ces attaques mettent également un coup d’arrêt à la contestation qui regagnait du terrain dans les universités du pays après la répression massive du soulèvement populaire de janvier dernier : plus de 30 000 manifestantEs tuéEs par les forces de sécurité, des dizaines de milliers de blesséEs, plus de 100 000 arrestations, des détenuEs torturéEs, d’autres exécutéEs. Le régime instrumentalise aujourd’hui l’intervention impérialiste pour renforcer encore la répression.
Nous refusons cette guerre impérialiste et réactionnaire et nous combattons les courants réactionnaires, en particulier les monarchistes, qui applaudissent l’intervention de Trump et de Netanyahou et misent cyniquement sur la guerre pour revenir au pouvoir.
Propulsé par les médias dominants comme une prétendue alternative, Reza Pahlavi ne doit sa visibilité qu’à son héritage dynastique : celui du dernier chah, renversé en 1979 avec son régime autoritaire et corrompu. Il dispose notamment de la fortune colossale que sa famille a accumulée sur le dos des peuples d’Iran.
Derrière un discours de façade, son projet reste profondément autoritaire et ultralibéral, aux antipodes des aspirations populaires. La jeunesse, les femmes, les minorités de sexuelles et de genre, les travailleurs et les minorités nationales en lutte ne se battent ni pour maintenir la République islamique, ni pour restaurer une monarchie discréditée par l’histoire.
Leur combat vise la justice sociale, l’égalité réelle, la liberté et le droit à l’autodétermination — pas le recyclage des anciennes élites.
L’émancipation des peuples d’Iran ne peut venir que des luttes menées à l’intérieur du pays. La seule voie pour se libérer de la guerre, de la répression et de l’exploitation réside dans l’organisation indépendante des exploitéEs et des oppriméEs, dans le renforcement des luttes populaires et dans la mobilisation intérieure pour renverser la République islamique d’Iran.
Nous affirmons notre solidarité avec les militantes et militants de la diaspora qui cherchent à faire entendre la voix de celles et ceux qui, en Iran, luttent pour en finir avec la République islamique et pour construire une société fondée sur la justice sociale, l’égalité et la liberté.
Rien de tout cela ne pourra arriver sous les bombes et les agressions israélo-américaines. C’est aux peuples d’Iran de décider de leur avenir.
Arrêt immédiat de la guerre impérialiste !
À bas la République islamique d’Iran !
Solidarité avec les peuples d’Iran en lutte pour la justice sociale, l’égalité et la liberté
Montreuil, le 1er Mars 2026