Publié le Mardi 1 septembre 2026 à 16h06.

Verdict du procès en appel « Lafarge Val-de-Reuil » : le combat continue !

 

Communiqué des Soulèvements de la terre et du NPA-l’Anticapitaliste en soutien aux inculpéEs

La cour d’appel de Rouen vient de rendre son arrêt dans l’affaire « Lafarge Val-de-Reuil ».

Pour rappel, le 10 décembre 2023, une centaine de militantEs investissaient pendant une dizaine de minutes une centrale à béton du groupe Lafarge située à Val-de-Reuil, dans l’Eure. La centrale devait notamment alimenter le chantier du pseudo-contournement est de Rouen, un projet écocide et antisocial heureusement en passe d’être abandonné.

Le 8 avril 2024, les agents de la SDAT (sous-direction antiterroriste) interpellaient 17 personnes, dont certaines avec des violences et des intimidations.

Parmi elles, seules 9 ont finalement été renvoyées devant le tribunal d’Évreux, en décembre 2024, pour « association de malfaiteurs », « dégradations », « séquestration » et, pour certainEs, « refus de prises d’empreintes et de prélèvements ADN ».

Les quatre condamnées avaient fait appel devant la cour d’appel de Rouen.

Durant le procès en appel qui s’est tenu les 1er et 2 juin derniers, les avocatEs des prévenuEs ont fait ressortir l’usage abusif d’outils de surveillance, plaidé des nullités de procédure et souligné les incohérences, les manques et les inexactitudes d’un dossier entaché de nombreuses irrégularités.

Malgré cela, la cour d’appel a choisi non seulement de rejeter ces demandes de nullité, et donc de confirmer les condamnations, mais aussi d’aller plus loin en requalifiant les faits en complicité de dégradation pour trois des prévenuEs et en les condamnant à payer 5 000 euros de frais de justice à Lafarge.

Cette condamnation peut permettre la tenue du procès au civil, alors que 276 000 euros de dommages et intérêts sont réclamés par Lafarge.

Il s’agit d’un jugement très politique, qui s’inscrit dans la continuité de la répression contre cette action et, plus largement, contre les mobilisations écologiques, alors que nous voyons chaque jour les conséquences du réchauffement climatique causé par la recherche sans fin du profit par les capitalistes.

C’est la sous-direction antiterroriste (SDAT) qui avait été cosaisie de l’affaire. Cette utilisation des moyens de l’antiterrorisme pour défendre les intérêts de Lafarge résonne singulièrement, alors que le groupe vient d’être condamné pour avoir financé, à hauteur de 5 593 897 euros, des groupes armés et des organisations terroristes en Syrie.

Devant ce déni de justice, nos camarades vont se pourvoir en cassation : le combat continue !

Le 1er septembre 2026