La rentrée politique a ses marronniers : l’islamophobie est l’un d’entre eux. Après le feuilleton des divergences entre Jordan Bardella et Marine Le Pen sur l’application de leur programme raciste, le RN affirme, par l’intermédiaire de Jean-Philippe Tanguy, être parvenu à un accord sur la manière d’organiser l’état d’exception imposé aux musulmanEs s’il était vainqueur en 2027.
Alors qu’à chaque rentrée, l’islamophobie d’État impose le dévoilement des jeunes filles dans les établissements publics, l’extrême droite surenchérit en proposant d’aller un cran plus loin et d’interdire le port du hijab dans l’espace public.
Être musulmane n’est pas un délit. La religion musulmane n’a pas à être cachée : nous rappelons la liberté de conscience et de croyance de chacunE et la pleine légitimité de toutes et tous dans l’espace public.
Les arguments du RN sont racistes, sexistes et antiféministes. Par la confusion entre l’islam et l’islamisme, par l’assimilation des pratiques de l’islam en France à leur instrumentalisation réactionnaire ailleurs, ils reproduisent un discours colonial et essentialisant. En voulant réduire la liberté des femmes visiblement musulmanes et en affirmant le pouvoir de l’État sur le corps des femmes, le RN défend un programme sexiste, cohérent avec le retrait des financements accordés aux associations féministes partout où il a pris la tête de municipalités. Enfin, en présentant cette mesure comme l’affirmation d’une solidarité entre femmes, le RN s’attaque au mouvement féministe dans sa globalité, cherchant à le diviser, alors que, depuis plusieurs années, celui-ci a déjà affirmé son soutien aux femmes musulmanes contre l’islamophobie d’État.
L’accumulation des projets de loi visant la pratique de l’islam, la multiplication des exclusions au travail, la loi sur le « séparatisme » et le risque d’une victoire de l’extrême droite à l’élection présidentielle font peser une importante menace sur les musulmanEs ainsi que sur l’ensemble de la population, qui verrait ses libertés publiques menacées.
Plus que jamais, le NPA-l’Anticapitaliste réaffirme l’urgence de la lutte antifasciste et antiraciste ainsi que de la lutte contre l’institutionnalisation croissante de l’islamophobie :
- nous réaffirmons notre soutien aux femmes musulmanes, qui subissent des attaques constantes contre leurs pratiques religieuses ainsi que des violences islamophobes, comme à l’ensemble de la communauté musulmane visée par des mesures d’exception répétées ;
- nous appelons l’ensemble des organisations de notre camp social à mener une vigoureuse campagne antiraciste et antifasciste, et notamment à s’opposer aux lois islamophobes, parmi lesquelles la loi de 2004 ;
- nous réaffirmons l’importance, dans ce cadre, d’une coordination, notamment à travers l’Union antiraciste contre l’islamophobie.
Montreuil, le 2 septembre 2026