Alors que des progrès historiques avaient été accomplis dans la lutte contre le VIH, la décision des États-Unis, par la voix de Trump, de supprimer leurs financements internationaux provoque un effondrement brutal de l’aide mondiale. De plus, les États européens, dont la France, réduisent drastiquement les financements internationaux de la lutte contre le VIH.
Selon les projections de l’ONUSIDA et de plusieurs organisations internationales, 8,7 millions de nouvelles infections et 6 millions de décès pourraient survenir d’ici 2029, si ces financements ne sont pas remplacés.
Partout, les effets se ressentent déjà : interruption des programmes de prévention, baisse du dépistage, ruptures d’approvisionnement en traitement antirétroviral (ARV), difficile accès à la prophylaxie préexposition (PrEP) et fermeture de structures essentielles. En 2024, 630 000 personnes sont mortes de causes liées au sida, dont 61 % en Afrique subsaharienne.
La France affaiblit encore sa propre capacité de prévention, en matière de lutte contre le SIDA et d’une manière générale contre les hépatites et les autres Infections sexuellement transmissibles, avec des coupes budgétaires, fragilisant les associations de lutte contre le sida et l’hôpital public, le blocage d’ouvertures de salles de consommation à moindre risque pour les usagers de drogues illicites et la précarisation des travailleur·ses du sexe et infections en hausse, depuis la loi de pénalisation des clients de 2016.
Les personnes étrangères sont encore stigmatisées et subissent des mesures dangereuses et racistes. Le gouvernement, soutenu par l’extrême droite, veut restreindre ou supprimer l’Aide médicale de l’État (AME) — un dispositif vital permettant aux personnes sans papiers d’accéder aux soins essentiels, y compris aux traitements VIH et au dépistage.
Cela aurait des conséquences immédiates, avec des interruptions de traitements, avec risques de complications graves et décès, la hausse des contaminations, faute de dépistage et de prévention, des violations des droits humains, en rendant la santé conditionnelle au statut administratif.
De plus, la France continue d’expulser des personnes vivant avec le VIH vers des pays où leurs soins ne sont pas garantis, mettant directement leur vie en danger. C’est une politique mortifère.
Aux côtés des assos de lutte contre le VIH, mobilisons-nous ! Face à ces décisions qui tuent, nous appelons à rejoindre les mobilisations de la Journée mondiale de lutte contre le VIH/sida :
- Toulouse – 29 novembre, 18h, Jean-Jaurès à l’appel d’Act Up Sud-Ouest
- Paris – 30 novembre, 14h30, Opéra à l’appel d’Act Up Paris
- Montpellier – 1er décembre, 18h30, Place de la Bourse
- Strasbourg - 1er décembre, 18h30, place Dauphine
La santé est un droit. Nous refusons de laisser l’épidémie repartir.
Montreuil, le 28 novembre 2025