Publié le Mardi 10 février 2026 à 21h18.

No Kids, No Future

 

Après les restaurants qui retirent leurs menus « enfant » et les hôtels et les locations « childfree », les espaces « no kids » (sans enfants) prolifèrent et se déploient même à la SNCF. La goutte de trop pour les parents et les collectifs de protection des enfants, qui dénoncent une société adultiste.

Inquiétant : les enfants sont de moins en moins toléréEs dans les espaces publics. Les commentaires contre les enfants pullulent : bruyantEs, mal élevéEs, bref, insupportables. Les offres d’expériences « premium » pour les adultes se développent. Plus d’un adulte sur deux y serait favorable. L’annonce, par la SNCF, du lancement d’espaces « Optimum », accessibles à partir de 12 ans, vient parachever des années de discriminations.

Exclure les enfants, c’est exclure les femmes

Absence de tables à langer, de chaises hautes ou de rehausseurs, de rampes ou d’ascenseurs pour les poussettes, interdiction d’allaiter en public… Toute la vie sociale devient inaccessible.

Dans le même temps, le manque de place en crèche, les différences salariales hommes-femmes et l’inégalité du congé parental font reposer la charge des enfants sur les femmes. Lorsque les enfants sont exclus de la vie sociale, les femmes en sont exclues tout autant.

Pas étonnant, dans ces conditions, que la natalité baisse. La volonté de Macron de « réarmement démographique » signifie : faites des enfants mais restez chez vous !

Une société qui exclut et maltraite les enfants

L’ensemble de l’organisation sociale reproduit la domination sur les enfants. Une société qui dit aux enfants qu’ils ne sont pas les bienvenus les pousse à se taire, notamment face aux violences commises à leur encontre, toujours aussi peu prises en charge.

La CIIVISE (Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants) est en difficulté, les juges des enfants croulent sous les dossiers, l’ASE broie plus qu’elle n’aide les jeunes en danger, les mineurs isoléEs dorment à la rue, les scandales de violences dans les églises et dans les écoles sortent après des années de silenciation, comme à Bétharram… Les témoignages des victimes du réseau Epstein ont été, eux aussi, ignorés pendant des décennies.

Nous devons pousser à la transformation de la société, pour qu’elle accompagne les enfants et les traite comme des ­personnes à part entière ! En rendant les lieux publics accessibles, en ouvrant des places en crèche et en mettant des moyens à hauteur des besoins pour la lutte contre les violences.

Montreuil, le 10 février 2026