Publié le Lundi 3 août 2026 à 17h16.

Ceuta : ouvrons les frontières, refugees welcome !

Les images ont fait le tour du monde cette semaine : venant du Maroc, plus de 60 000 personnes ont forcé, par la mer essentiellement mais aussi en partie par la frontière terrestre, l’entrée dans « l’enclave » de Ceuta, résidu colonial du protectorat du Maroc espagnol (avec la ville de Melilla).

Le bilan est terrible : une centaine de morts par noyade et piétinement, la militarisation des rues de Ceuta par l’armée espagnole, des attaques organisées dans les rues par des groupes fascistes, les magasins fermés pour empêcher les migrantEs d’y accéder. La majorité des exiléEs ont déjà été renvoyéEs vers le Maroc, à l’exception de quelques milliers de mineurEs se trouvant dans des centres d’hébergement, dans des conditions indignes.

Les causes de cette tragédie sont multiples. D’abord, les conditions de vie indignes au Maroc pour la grande majorité de la population, entre régime politique dictatorial, pauvreté massive et chômage structurel. Mais s’y ajoute l’asymétrie économique, politique et sociale, sous les yeux de la population marocaine, avec une enclave possédée par l’une des principales puissances impérialistes et barricadée derrière une frontière meurtrière. Enfin, les accords entre le Maroc et l’Union européenne font du royaume chérifien un sous-traitant des politiques migratoires de l’UE.

En France, toute l’extrême droite et la droite ont profité de ce drame migratoire pour mettre en avant leur politique raciste, proposant de fermer les frontières, de suspendre la libre circulation entre l’État espagnol et l’UE et de sortir de Schengen face à une prétendue « invasion migratoire ». De leur côté, Macron et Nuñez ont annoncé « renforcer les contrôles aux frontières », répondant ainsi aux pressions de l’extrême droite française et du gouvernement Meloni, tout en annonçant un nouveau durcissement autoritaire. 

À rebours de certains discours à gauche, mais surtout face au danger de l’extrême droite et au renforcement policier et autoritaire de l’UE, au NPA-A, avec nos camarades espagnolEs d’Anticapitalistas et marocainEs d’Al-Mounadil-a, nous affirmons notre solidarité pleine et entière avec toustes les exiléEs et les populations fuyant la misère.

Il est temps d’en finir avec leur monde de frontières et de barbelés. Les frontières tuent. Nous revendiquons :

  • le démantèlement de la frontière entre le Maroc et les enclaves de Ceuta et Melilla ;
  • la fin des accords de sous-traitance migratoire et la dissolution de Frontex ;
  • la décolonisation et la rétrocession du Sahara occidental, de Ceuta et Melilla, ainsi que de Gibraltar (colonie anglaise en terre espagnole) ;
  • la liberté totale de circulation et d’installation, des droits et des moyens pour l’accueil de touTEs les migrantEs ;
  • le soutien aux mouvements sociaux et à touTEs les militantEs répriméEs et emprisonnéEs par le tyran Mohammed VI.

 

Montreuil, le 03 août 2026