Publié le Mercredi 29 juillet 2026 à 16h41.

Qui sème l’inaction climatique récolte l’incendie 

Qui sème l’inaction climatique récolte l’incendie 

Des dizaines de milliers d'hectares sont partis en fumée. Des centaines de milliers de personnes ont dû être évacuées. Routes, trains et aéroport sont paralysés. Face à cette catastrophe, nous saluons le travail des pompiers, des soignant·es, des bénévoles, des agriculteurs et de toutes celles et ceux qui, une fois de plus, protègent les populations pendant que les responsables politiques viennent faire leur tournée médiatique.

Comme en 2022, Emmanuel Macron est venu promettre que « l'État sera au rendez-vous ». Mais les mégafeux ne sont pas une surprise. Scientifiques, pompiers et écologistes alertent depuis des décennies sur les conséquences du dérèglement climatique. Ils alertent aussi sur la vulnérabilité du massif landais, façonné par des décennies de monoculture intensive du pin maritime, organisée au profit de la filière forestière. Une forêt pensée comme une usine à bois devient aussi un formidable combustible lorsque les sécheresses et les canicules se multiplient.

Depuis des années, les gouvernements ont réduit les budgets et les moyens alloués à la prévention des incendies et à la lutte contre les feux de forêts. En 2024, le gouvernement de Gabriel Attal annulait la commande de 2 Canadairs. Alors que Macron dépense des milliards d’euros dans loi de programmation militaire et commande des dizaines d’avions Rafales, le projet de loi de finance 2026 ne dégageait que 209 millions pour des bombardiers d’eau supplémentaires.

Ces incendies révèlent aussi les inégalités de classe. Les moyens considérables déployés pour protéger les zones les plus riches, comme le Cap-Ferret, contrastent avec la situation vécue dans d'autres territoires touchés, comme Le Porge ou l'intérieur du massif. Derrière les discours sur l'égalité républicaine, ce sont toujours les intérêts économiques, le patrimoine des plus riches et les infrastructures stratégiques qui concentrent l’attention des pouvoirs publics, pendant que les classes populaires subissent les conséquences des politiques d'austérité. Alors que des centaines de milliers de personnes de la région se sont retrouvées sous les particules fines des incendies, la priorité des entreprises privées comme des employeurs publics a été de maintenir une activité économique normale alors que des principes de préventions devaient s’appliquer : arrêt des chantiers, autorisations spéciales d’absences pour les plus vulnérables… Une fois encore, la rentabilité et les profits avant la santé des travailleurs·euses et de la population.    

Car le véritable responsable est connu : le capitalisme. Celui qui détruit le climat, organise une sylviculture productiviste, affaiblit les services publics et préfère consacrer des milliards au réarmement plutôt qu'aux pompiers, à l'ONF, aux hôpitaux ou à la prévention.

Nous exigeons un renforcement massif des moyens des SDIS (service départemental d’incendie et de secours) et de l'ONF (office national des forêts), une transformation de la gestion forestière rompant avec la monoculture industrielle, et la réorientation des budgets militaires vers les services publics et la bifurcation écologique, qui suppose de produire autrement en fonction des besoins et en tenant compte des ressources et avec sobriété.

Le climat brûle parce que le capitalisme brûle la planète. Nos vies valent plus que leurs profits.

Montreuil, le 29 juillet 2026