Publié le Mardi 16 juin 2026 à 14h54.

Victoire au CPOA de l'hôpital Saint-Anne (75)

Après dix jours de grève, les personnels du Centre psychiatrique d’orientation et d’accueil (CPOA) de l’hôpital Sainte-Anne de Paris ont obtenu une victoire importante, comprenant la création de deux postes supplémentaires d’aide-soignantEs, de quatre postes d’infirmièrEs, des moyens matériels supplémentaires, un engagement sur une politique de « zéro lit vide » ainsi qu’un travail visant à accélérer la réouverture de lits fermés et à améliorer les capacités d’accueil. 

Cette lutte a répondu à une situation devenue insupportable. Le CPOA, seul centre d’accueil psychiatrique d’urgence de ce type en Île-de-France, est confronté à une saturation chronique. Les personnels ont dénoncé des conditions d’accueil indignes, avec parfois plus de vingt patientEs pour seulement quelques lits disponibles, obligeant des personnes en grande souffrance psychique à passer la nuit sur des matelas ou des canapés. C’est la conséquence de décennies de restrictions budgétaires et de destruction des structures d’accueil de la souffrance psychique ouvertes dans la Cité. 

La grève est seulement suspendue. Les personnels restent vigilants quant à l’application des engagements pris et se réservent la possibilité de reprendre la mobilisation. Car les causes structurelles de la crise demeurent. D’abord, la destruction progressive du réseau public de psychiatrie de proximité — assuré par les CMP, centres d’accueil et de crise — qui permettait un accès direct aux soins psychiques, au plus près des patientEs et sans passer par les urgences, alors réservées aux situations exceptionnelles. Ensuite, le manque de lits d’hospitalisation lorsque celle-ci est nécessaire, ainsi que la pénurie de personnel pour assurer des soins de qualité. Tant que cette situation perdurera, les urgences psychiatriques continueront de fonctionner dans des conditions intenables pour les patientEs comme pour les équipes soignantes.

Le NPA-l’Anticapitaliste adresse tout son soutien aux personnels du CPOA et salue cette victoire. Une grève victorieuse qui démontre que la lutte paie, pour ses conditions de travail, pour le service public. Une grève qui a aussi pu tenir grâce à la solidarité exprimée par les usagerEs et des travailleurEs et syndicalistes solidaires. Leur combat dépasse largement le cadre de leur établissement : il pose la question des moyens accordés au service public de santé dans la cité et à l’Hôpital. Il faut imposer les moyens nécessaires à la prise en charge de toutes et tous.

 

Montreuil, le 16 juin 2026