Publié le Lundi 29 juin 2026 à 10h22.

Déclaration du NPA-l'Anticapitaliste à l'issue de sa Conférence nationale

Anticapitalistes et antifascistes.
En campagne pour battre l’extrême droite par nos luttes et dans les urnes, pour la victoire de notre camp social !

 

Afin de définir sa position pour les présidentielles 2027, une Conférence nationale du NPA-l’Anticapitaliste s’est réunie le 27 juin 2026. Elle a réuni ses délégué·e·s, représentant les militantes et militants du NPA-l’Anticapitaliste qui ont débattu et voté dans les assemblées générales réunies dans le courant du mois du juin.

Un système à bout de souffle

Le système capitaliste menace l’existence de l’humanité tout entière. Ce système est le premier responsable de la crise climatique. Les capitalistes exigent toujours plus de reculs sociaux, toujours plus de perfusions d’argent public pour redresser leurs profits. Ils poussent maintenant à l’expansion sans fin des dépenses militaires et à la multiplication des guerres impérialistes contre les peuples.

Les dirigeant·e·s à leurs services, tout particulièrement Emmanuel Macron, sont discréditéEs et leurs politiques sont massivement rejetées par les travailleur·e·s et les jeunesses. Mais d’autres, plus dangereux encore, se proposent de les remplacer. Avec le soutien de pans entiers du patronat, l’extrême droite, les organisations néo-fascistes, progressent partout sur la planète. C’est l’expression politique de la radicalisation de la bourgeoisie. Lorsqu’elle parvient au pouvoir, non seulement l’extrême droite persécute les immigré·e·s, les personnes racisées, les LGBTI+, non seulement elle s’attaque aux droits des femmes, aux libertés d’organisation et d’expression, mais elle amplifie également l’offensive contre l’ensemble des travailleur·e·s et de leurs organisations au seul profit du capital. 

En France, le macronisme est en échec, et la droite a des difficultés à se recomposer. Elle cherche à le faire en se rapprochant de plus en plus des thèses de l’extrême droite. Une polarisation croissante entre le RN et la gauche antilibérale traduit les contradictions explosives qui sont latentes dans la société.

De nombreuses luttes s’opposent frontalement aux classes dominantes et à leurs politiques : luttes écologistes contre les grands projets nuisibles et imposés, luttes féministes, antiracistes, LGBTI+, contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants, luttes des quartiers populaires, luttes des travailleur-euses pour défendre nos retraites, l’assurance chômage, la santé, la Sécurité sociale... Mais elles peinent à obtenir des victoires face à un pouvoir plus déterminé que jamais à préserver ses intérêts.

Le danger de l’extrême droite

Pour les militantes et militants du NPA-l’Anticapitaliste, l’élection présidentielle de 2027 et les législatives qui suivront ont une importance majeure, puisque pour la première fois le Rassemblement national est en capacité de l’emporter. La situation est d’autant plus grave que la constitution antidémocratique de la 5e République offre d’innombrables possibilités au Président pour imposer un pouvoir autoritaire.

Après s’être dotée, grâce aux médias contrôlés par les milliardaires d’extrême droite, des moyens d’imposer son hégémonie dans la société, après avoir acquis de nombreux sièges à l’Assemblée nationale et dans les municipalités, l’extrême droite fascisante de Bardella et Le Pen pourrait ainsi mettre la main sur l’appareil d'État et acquérir le contrôle de la police, de l’armée et des institutions judiciaires. Il s’agit là d’un péril majeur pour les exploitéEs et les oppriméEs, pour le monde du travail et pour les raciséEs, les femmes, les personnes LGBTI+ et les minorités de genre dont l’extrême droite est le pire ennemi. C’est aussi l’assurance de poursuivre et aggraver la course au basculement climatique. Toutefois, nous savons depuis la victoire électorale du NFP que le pire n’est jamais sûr et qu’il est possible de battre et de faire reculer l’extrême droite et ses idées mortifères.

Un front unique antifasciste

Réussir cet objectif n’est possible que si nous parvenons à réunir, le plus largement et le plus démocratiquement possible, l’ensemble du mouvement ouvrier et en particulier la gauche de rupture. Nous devons construire un front antifasciste capable de mobiliser les classes populaires afin de mettre en échec la marche du Rassemblement national sur l’Élysée. C’est pourquoi le NPA-l’Anticapitaliste appelle dès maintenant l’ensemble des militantes et des militants du mouvement social et syndical, de la gauche, des révolutionnaires et des écologistes à se mobiliser et à constituer, partout où c’est possible, des fronts d’action antifascistes, des comités contre l’extrême droite dans l’unité la plus large. Ces cadres de résistances seront indispensables quel que soit le résultat des prochaines élections. À ce titre, il faut ancrer cette politique dans la durée.

Construire la résistance à l’extrême droite est une préoccupation largement partagée dans des cadres locaux, des comités contre l’extrême droite, des secteurs intellectuels (CRACS), artistiques (« Dégager Bolloré », cinémas indépendants), des médias indépendants. Mais aussi par des secteurs militants dont nous sommes partie prenante : féministes, antiracistes, en défense des droits des personnes LGBTI+, écologistes, militant·e·s contre les grands projets nuisibles et imposés, et bien sûr les militant·e·s des organisations syndicales. Toustes partagent l’inquiétude du danger de l'extrême droite et œuvrent à des regroupements, comme celui du 13 juin initié par ATTAC, Copernic et Solidaires, pour une campagne antifasciste du mouvement social. Les militant·e·s du NPA-l’Anticapitaliste participent pleinement à un certain nombre de ces cadres qui seront nécessaires pendant et après les échéances électorales. Nous sommes convaincuEs  que c’est aussi sur ce terrain électoral que doit se mener la lutte contre l’extrême droite.

Le NPA-l’Anticapitaliste mènera une campagne en propre avec des meetings, des réunions publiques, du matériel, pour porter la nécessité de ce front unique antifasciste.

Une candidature de rassemblement pour répondre à l’urgence sociale et écologique

Le NPA-l’Anticapitaliste n’a pas d’intérêts distincts de ceux de notre camp social : dans la situation politique actuelle, l’heure est à l’unité et non à la division pour porter un programme de rupture avec le libéralisme. Dans ce contexte, le NPA-l’Anticapitaliste ne présente pas de candidature à l’élection présidentielle, participe à la construction d’un front antifasciste large et œuvre à une candidature de rassemblement de la gauche de rupture.

En regrettant l’absence actuelle de dynamique de front social et politique large, comme cela avait pu s’amorcer au moment du NFP, le NPA-l’Anticapitaliste fait le constat qu’à l’heure actuelle, la candidature de Jean-Luc Mélenchon est la mieux à même de rassembler les votes des classes populaires pour permettre à la gauche d’affronter l’extrême droite dans les urnes. 

Nous agirons ces prochains mois pour la réussite de cette campagne. Nous engageons des discussions pour trouver un accord avec LFI et l’ensemble des organisations et courants de la gauche de rupture souhaitant s’inscrire dans la campagne Mélenchon. Un tel accord doit donner des garanties à l’ensemble des forces pour qu’elles y trouvent leur place. La FI propose de mettre en place un comité politique et la constitution de comités de campagne à partir de ses groupes d’action. Tout en conservant son indépendance politique et organisationnelle, le NPA-l’Anticapitaliste propose de construire avec l’ensemble des forces parties prenantes à cette campagne, des cadres d’actions et de décisions collectives et démocratiques, et ce, à l’échelon local comme national. Nous agissons pour que ce processus intègre l’ensemble des forces qui avaient constitué un front social, politique et unitaire en 2024, notamment les organisations du mouvement social et syndical, ainsi que les forces et militantEs révolutionnaires. Ces éléments sont essentiels dans la construction d’une dynamique militante et rassembleuse capable de barrer la route au Rassemblement national et de porter un espoir de changement pour des millions de personnes. La campagne doit permettre de mettre en mouvement notre camp social, de faire le lien entre les secteurs combatifs, de faire converger nos revendications pour s’affronter aux classes dominantes et faire face au danger de l'extrême droite sur le terrain comme dans les élections.

À l’issue des discussions qu’il mènera prochainement avec LFI et les organisations et courants de la gauche de rupture, le NPA-l’Anticapitaliste décidera des formes de son engagement dans la campagne et des modalités de son soutien à cette candidature. 

Unitaires, internationalistes et révolutionnaires

Le NPA-l’Anticapitaliste s’engage pleinement, dans la rue comme dans les urnes, dans la lutte antifasciste qui va s’ouvrir avec la campagne présidentielle.

Dans cette séquence politique et sociale, le NPA-l’Anticapitaliste continuera à faire entendre sa voix unitaire et révolutionnaire, son internationalisme pour l’autodétermination des peuples et ses aspirations à la démocratie la plus large. Nous continuerons à construire avec d’autres les luttes sociales, antiracistes, féministes, écologistes, internationalistes et contre toutes les oppressions. 

Le programme porté par le NPA-L’Anticapitaliste s’inscrit dans le Manifeste pour une révolution écosocialiste de la IVe internationale. Nous porterons dans les débats programmatiques nos revendications pour un programme de rupture anticapitaliste, notamment : 

  • face à la crise économique, la réquisition des banques, la réduction du temps de travail et l'annulation des dettes publiques ; l’interdiction des licenciements et l’augmentation massive des salaires, le partage des richesses, le 100% sécu, la retraite à 60 ans, le développement et la gratuité des services publics à la hauteur face à la crise, pour un droit au logement digne effectif pour toutes et tous, etc. ; 
  • face à la crise écologique, les transports publics gratuits, l’expropriation des multinationales, la sortie des énergies fossiles et l’arrêt du nucléaire, une décroissance écosocialiste pour sauver la planète et le vivant, car seule une socialisation de la production et de la reproduction sociale décidée par tous et toutes permettra d’éviter la catastrophe ;
  • face à la crise démocratique, la suppression de la fonction présidentielle et la fin de la 5e République avec une assemblée constituante appuyée sur les mobilisations, contre les attaques liberticides et racistes ; pour l’égalité des droits, pour la liberté de circulation et d’installation et la régularisation des sans-papiers, contre les discriminations et l’islamophobie d’État ; pour l’autonomie de la jeunesse ; pour l’émancipation des femmes et des minorités de genre ;
  • face à l’impérialisme et au colonialisme : pour une politique antimilitariste ; pour le droit à l'autodétermination des peuples et pour des solidarités internationalistes, de la Palestine à l’Ukraine, de l’Iran au Venezuela ; pour la décolonisation, à commencer par la Kanaky, et pour l’accession effective à l’indépendance de tous les peuples qui le revendiquent comme les peuples corse et basque.

Sur cette orientation, le NPA-l’Anticapitaliste organisera dès la rentrée une campagne dynamique, avec son matériel (livret programmatique, tracts, affiches, vidéos…) et une série de réunions publiques.

L’Université d’été du NPA-l’Anticapitaliste du 23 au 26 août sera un premier temps fort de débats avec les forces sociales et politiques disposées à construire un front antifasciste large articulé à la bataille présidentielle et législative. 

La victoire de l'extrême droite et de la droite n’est pas inéluctable ! Mobilisons-nous pour redonner l’espoir à notre camp social pour s’affronter aux classes dominantes et à leurs politiques mortifères !

Paris, le 28 juin 2026