Après le camouflet judiciaire, l’État français doit reconnaître l’injustice, s’excuser et ouvrir des discussions avec les représentantEs du peuple kanak.
Le NPA-l’Anticapitaliste adresse toute sa solidarité et ses félicitations à nos camarades de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT) et du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), en ce jour de victoire judiciaire.
Il y a presque deux ans, en juin 2024, huit dirigeantEs de la CCAT, parmi lesquels Christian Tein, étaient interpelléEs puis, pour sept d’entre elles et eux, déportéEs en France, à 17 000 km de leurs familles. Quatorze dirigeantEs de la CCAT ont finalement été inculpéEs pour « complicité de tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique », « vol en bande organisée avec arme », « destruction en bande organisée » et « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime ». Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur, qualifiait quant à lui la CCAT « d’organisation mafieuse ».
Aujourd’hui, les trois juges d’instruction chargés du dossier au tribunal judiciaire de Paris viennent de prononcer un non-lieu sur l’ensemble des chefs d’accusation visant les quatorze inculpéEs.
Après ces longs mois d’enquête, cette décision judiciaire ne fait que reconnaître une réalité : les personnes inculpées sont des représentantEs d’un peuple en lutte. Elles n’ont rien fait d’autre que de porter une revendication dont l’État français ne se débarrassera pas : le droit à l’autodétermination du peuple kanak, dont il est privé depuis 1853.
L’explosion de la révolte de la jeunesse kanak, le 13 mai 2024, n’a pas été le résultat d’un appel de quelques dirigeantEs, mais celui de la trahison par l’État français de la parole donnée, en 1988 puis en 1998, d’engager un processus d’indépendance. L’État français a protégé les anti-indépendantistes — y compris les assassins des jeunes Kanak tuéEs en mai et juin 2024 — tout en faisant arrêter 2 500 personnes qualifiées « d’émeutiers » et en déportant les dirigeantEs de la CCAT : cette violence étatique n’a rien réglé.
Le processus de discussion doit être rouvert, non pas pour tenter de gagner encore quelques années de domination coloniale, mais pour réparer les violences infligées.
Cela commence par des excuses de l’État aux personnes incarcérées et déportées ainsi qu’à leurs familles, par la réparation des préjudices subis et le remboursement de l’ensemble des frais engagés, ainsi que par la prise en charge des billets de retour pour toustes à la date de leur choix.
Cela implique également la libération de tous les prisonniers politiques encore détenus en France et en Kanaky–Nouvelle-Calédonie.
Vive la détermination des militantEs, vive la lutte des peuples pour leur liberté et leur dignité !
Montreuil, le 6 juin 2026