Les chiffres ne sauraient rendre compte de la foule massive et déterminée qui a déferlé dans la plupart des villes ce samedi. La journée de mobilisation du 17 octobre a été une démonstration de la force collective de celles et ceux qui n’en peuvent plus de ce système. Avec plus de 800 000 manifestants, c’est la plus grande mobilisation depuis des années. Un raz-de-marée populaire qui est l’expression de la colère sociale contre les 10 ans de macronisme.
Multiforme, explosive, festive, jeune, la mobilisation a rassemblé des lycéenNEs, des étudiantEs, des salariéEs, des paysanNEs, des retraitéEs en colère contre leurs conditions de vie, indignéEs par la répression, les injustices sociales, l’écocide et le racisme.
Le pouvoir en panique a déployé des forces de répression massives et brutales. On compte des centaines de blesséEs, des milliers de personnes gazées, des nasses et une main arrachée à Saint-Étienne. Des milliers d’interpellations ont eu lieu, encore une fois.
Macron nous l’a rappelé dans son allocution d’hier : le pouvoir ne répond que par la répression aux revendications et à la colère sociale légitime !
Ils cherchent à diviser les manifestantEs : les bonNEs (que l’on gaze pourtant allègrement) et les mauvais casseurs. La violence et la casse sociale, ce sont celles des gouvernements et des patrons.
Minoritaire à l’Assemblée, minoritaire dans le pays, ce pouvoir est illégitime.
Macron, Nuñez et tous les autres doivent dégager !
Pour gagner, nous devons agir, construire la mobilisation, nous organiser dans les lieux de travail, de vie et d’études. Il faut des assemblées générales qui discutent de nos revendications, de nos besoins et des modes de mobilisation.
Ce mouvement porte des exigences claires, pour une autre répartition des richesses :
la satisfaction des revendications de la jeunesse mobilisée (Parcoursup, « Bienvenue en France », lieux d’étude, logements…) ;
• l’augmentation des salaires et de tous les revenus et le blocage des prix ;
• des moyens pour les services publics, notamment dans l’éducation et la santé (en particulier la Sécurité sociale) ;
• la taxation des riches et des profits ;
• la fin des cadeaux aux grandes entreprises et le financement des besoins sociaux et de la rupture écologique.
De tels choix sont à l’opposé du budget proposé par le gouvernement Lecornu et de la logique capitaliste. Il faut un changement radical. Pour cela, il faut que les classes populaires s’emparent de la question politique, s’organisent, choisissent leurs représentantEs issuEs du monde du travail, des quartiers, de la jeunesse pour sortir de ces institutions et construire une réelle démocratie.
Ce ne sont pas les menaces de répression contre les organisations politiques comme la nôtre, brandies par Nuñez, la droite et l’extrême droite, qui nous feront taire. Il faut y résister collectivement.
Cette semaine, les étudiantEs se retrouveront dans les universités pour poursuivre la mobilisation. Le 24 octobre, à Orléans, la mobilisation contre le congrès du RN doit être une date centrale liant antifascisme et revendications sociales. À cela s’ajoute, partout ailleurs, l’appel à « l’acte II » des suites du 17 octobre. Et le 5 novembre, à l’appel de l’ensemble des organisations syndicales, la grève interprofessionnelle doit s’organiser partout : les manifestations doivent être encore plus massives que le 17 octobre.
Ce gouvernement de casseurs ne comprend que le rapport de force. Pour les faire tous dégager, construisons dès aujourd’hui la grève générale et le blocage de l’économie.
Montreuil, le 19 octobre 2026