Publié le Mercredi 4 février 2026 à 09h42.

Résolution politique - CPN des 17 et 18 janvier 2026

Résolution sur la situation politique adoptée lors du Conseil Politique National du NPA-L'Anticapitaliste des 17 et 18 janvier 2026.

Résolution politique : situation internationale

L’affrontement économique et géostratégique entre les Etats-Unis et la Chine menace l’équilibre inter-impérialiste mondial actuel. A cela s’ajoute un affrontement de plus en plus ouvert pour l’accès aux ressources naturelles. Tout cela mène les affrontements inter-impérialistes à être de plus en plus assumés (en particulier par les Etats-Unis). C’est dans ce contexte qu’émerge une véritable fascisation des principales puissances impérialistes, notamment aux Etats Unis où ce processus est le plus développé. Dans certains pays où des régimes autoritaires voire dictatoriaux sont en place, ils sont fragilisés par des mobilisations populaires.

Le passage à l’année 2026 a été marqué par deux événements majeurs : les frappes américaines sur le Nigeria et celles sur le Vénézuela. Il n’est pas anodin que ces deux pays soient les pays producteurs de pétrole les plus importants sur leurs continents respectifs. Les modalités des interventions sont différentes : avec l’approbation du pouvoir en place pour le premier, et avec l’autorisation implicite de secteurs du pouvoir pour le second. Au Nigeria, les frappes continuent, cette-fois menées par le pouvoir en place, mais téléguidées par les USA.Ces deux attaques, sur les continents africain et américain, ont été immédiatement suivies d’une menace sur le Groenland, encore territoire européen, en raison des richesses non exploitées de son sous-sol, puis d’une menace d’attaque en Iran. Cette série d’attaques et de menaces prouve que l’impérialisme américain continue de se déployer partout dans le monde qui est devenu son pré-carré.

Ces interventions impérialistes peuvent marquer un tournant majeur. Les interventions impérialistes depuis la deuxième guerre mondiale étaient justifiées par une supposée défense de la démocratie ou des droits humains. Aujourd’hui le renforcement des politiques impérialistes est porté par la fascisation et le danger de basculement est bien réel. 

Nous devons donc avancer dans la perspective d’un mouvement anti-impérialiste et antifasciste, qui prenne en compte les différents aspects des ces offensives, à savoir le racisme, le colonialisme et le militarisme. Des plus nous devons avancer dans l’analyse des changements dans le régime étasunien 

Venezuela

Ce début d’année est bien entendu marqué par l’intervention militaire et l'enlèvement organisé par les US sur la personne de N. Maduro au Vénézuela. Cerné par le plus gros déploiement de flotte militaire de l’histoire et soumis à différentes actions de déstabilisations - Bombardements des bateaux et assassinat de leurs occupants accusés d'être des narcotrafficants, fermeture de l’espace aérien, le Vénézuela a été la cible des forces spéciales US qui ont permis l'enlèvement dans la capitale (au prix de bombardements et de dizaines de morts) du président en place. Celui-ci s'est retrouvé mis en démonstration comme trophée de guerre dans les rues de NY quelques heures après. Il est incarcéré dans la métropole US en attendant un jugement pour différents chefs d’inculpation comme “terrorisme”, “narcotrafic” et, sans rire, “possession d’armes à feu”. 

Pour l’instant, la suite du plan de Trump n’est pas bien définie : visiblement l’administration états-unienne s’attendait à une reprise en main par une administration alliée, même si on ne voit pas par quelle magie une telle administration apparaîtrait au pouvoir après le seul enlèvement du président. Les motifs réels du coup d'État ne sont évidemment pas liés au sort du peuple vénézuélien qui vit sous sanctions américaines depuis des années.Trump a rendu abondamment clair que son objectif était principalement les réserves pétrolières “volées” aux US et qui leur reviennent “de droit”. Ce saut dans la politique impérialiste états-unienne est donc bien lié à une bataille pour les ressources naturelles, ce dont Trump ne se cache pas. Nos projets écosocialiste et anti-impérialiste sont bien un seul et même combat.

Trump a fait son intervention, non seulement à l’encontre du droit international, mais aussi des propres lois de son pays. Ceci, combiné avec un discours qui ne cache pas les motifs de l’intervention,  montrent une confirmation du changement de nature du régime états-unien.

La réaffirmation impériale du pré-carré états-uniens en amérique latine est donc la ligne directrice de l’intervention US : d’ailleurs comme il s’y attendait l’Europe a soutenu largement l’intervention de Trump avec des déclarations sur les droits humains au Vénézuela qui sont tellement hypocrites. Dans le contexte de 2 ans de génocide impuni, d’un droit international ignoré au profit d’Israël, la longue descente aux enfers du vieux système de résolution par le droit continue.  

Dans les précédentes résolutions, nous avions prédit une offensive plus “classique” avec incursions au sol et séquence de bombardements. Cette option est pour l’instant repoussée. Tout va maintenant dépendre de la situation localement mais aussi de l’état de la mobilisation en solidarité. Vu la surprise de l’action, le mouvement est globalement balbutiant. Le mouvement de solidarité va être soumis à des forces contraires comme c’est souvent le cas dans ce genre de situation qui laisse la place à des vagues de solidarité campistes. Nous ne mettons pas l’agression US de Trump sur le même plan que le passif politique de Maduro à la tête de son pays depuis plusieurs années : il n’y aura pas de démocratie au Venezuela tant que les États-Unis maintiendront le pays sous leur domination économique et militaire.

Même si Maduro doit répondre de ses crimes, c’est devant un tribunal Venezuelien autonome et non sous la coupe du gouvernement États-unien, ni  par des juges new-yorkais dont le pays - les US -  a contribué à la pauvreté et l’isolement via des sanctions unilatérales depuis 2017 dont nous demandons. le retrait de la flotte dans les Caraïbes et dans le même temps réclamer la possibilité d’une réelle campagne politique indépendante des ingérences impériales états-uniennes et du pouvoir maduriste au sein du Vénézuela. Notamment le pétrole vénézuelien doit rester la propriété du peuple Vénézuelien. 

Cette intervention militaire risque aussi d’être un précédent et Trump ne cache pas son projet d’attaquer tout autre pays dont il voudrait s’accaparer les richesses. Par ailleurs Cuba qui, comme le Venezuela, est un régime faible et peu soutenu par sa diaspora, risque d’être une des cibles suivantes. Les réactions campistes ne manqueront pas de suivre. Là comme ailleurs, nous refuserons de dire que l’intervention impérialiste armée puisse être un quelconque pas en avant vers l’autodétermination des peuples.

A l’heure actuelle, il existe une opposition démocratique et de gauche au régime. Il nous faut rester attentifs et à l’affût de tous les mouvements qui, localement, refusent l’impérialisme américain et trouvent les forces de s’opposer au régime de Maduro.

Participons aux collectifs unitaires, et soyons à leur initiative quand il le faut. Nous participons à celui qui réunit les syndicats (CGT, Solidaires), Attac, PCF etc…  , et avons signé le texte commun pour mener une campagne de mobilisation en solidarité. Nous y portons des mots d’ordres anti-impérialistes qui évitent toute simplification campiste. 

Palestine

La situation à Gaza ne s’améliore pas du tout. Si le niveau offensif a diminué, les violations du pseudo cessez-le-feu sont quotidiennes. Israël continue son travail de démolition et de massacre. La ligne de démarcation, appellée  “ligne jaune” se déplace régulièrement et rétrécit davantage le territoire gazaoui. Cette ligne est à la fois la nouvelle frontière de Gaza, une nouvelle zone tampon, potentiellement une nouvelle colonie mais également une zone pour les “Palestiniens déradicalisés”. Netanyahou prend l’exemple sur l’Allemagne occupée par les forces occidentales après 45 pour évoquer les Palestiniens qui serait donc l’Allemagne Nazie. En termes pratiques pourtant, Israël a décrété l’interdiction de 37 ONG à Gaza dont MSF ce qui fait le seul pays au monde à interdire cette dernière. Pourtant la situation humanitaire reste effroyable avec toujours pas suffisamment d’aide ni de matériel de survie (tentes, préfa etc…) ni de matériel de démolition. Le Hamas a rempli toutes les demandes de l’état génocidaire mais celui-ci n’en a observé aucune. Malgré la mobilisation et la pression internationale Israël continue son projet colonial et génocidaire en toute impunité. Évidemment il n’y a pas que Gaza, pas un jour ne se passe sans des heurts entre colons et palestiniens : ce qui a déclenché des ripostes - notamment la journée de grève générale à Hébron. Clairement le manque de pression internationale laisse opérer Israël en toute immunité avec l’aval et l’aide des Etats-Unis. 

La grosse mobilisation du 29 novembre a réussi à mobiliser largement en région pour une manifestation de taille honorable (environ 50k) et aussi une réussite de notre présence en tant que parti. Cela dit sans perspectives réelles notamment en France, la suite du mouvement reste très dépendant de conditions externes. 

Taches : 

Les municipales seront l'occasion de poser la question sur la  Palestine : refus d’accueillir des événements sionistes, citoyenneté d’honneur de prisonniers, organisation d’évènements/motion de solidarité etc … 

 Avec le printemps va s’organiser de nouvelles flottilles : le NPA devrait prendre part entière - avec des volontaires pour faire le trajet et organiser notre visibilité -  peut-être à réfléchir en lien avec la 4 avant, pendant et aussi après les départs. La direction devrait organiser un groupe de suivi,  d’appels à volontaires et à participer aux collectifs d’organisation de la flottille. Le NPA prendra sa place dans la campagne pour les évacuations de Palestiniens. Une motion spécifique est proposée dans le CPN.

Iran

L’effondrement de la monnaie nationale et de l’économie, l’hyperinflation et la stagnation des salaires sont les ingrédients de la mobilisation massive partie le dimanche 28 décembre du bazar de Téhéran et étendue à de nombreuses villes et universités. La combativité des manifestantEs et la vitesse à laquelle la situation évolue montrent clairement qu’il ne s’agit pas d’une réaction passagère à la hausse du taux de change. C’est une fois encore une colère sociale profonde, enracinée dans des décennies d’injustices, de pauvreté, de ségrégation de genre et de répression qui s’exprime. La grève du bazar, la fermeture des commerces et l’entrée en scène des étudiants signent une nouvelle étape de ce mouvement de fond qui secoue la République Islamique d’Iran.

Des syndicats de travailleurs, comme le syndicat Vahed, et des associations d’enseignants et de retraités se sont immédiatement solidarisés du mouvement.

Alors que l’inflation officielle dépasse les 52 %, le pouvoir refuse d’augmenter les salaires. Cela signifie clairement que le budget de l’État est financé sur le dos des travailleurs, des retraités, des chômeurs et des plus précaires. Cela veut dire moins de soins, moins d’éducation, plus de marginalisation et une société épuisée. Alors que la pauvreté explose, les dirigeants du pays et notamment le Guide Khamenei détiennent eux des fortunes colossales. Le pouvoir cherche en apparence à calmer la contestation, mais dans les faits, la répression se déploie sur le terrain. Une fois encore, la République islamique d’Iran va chercher à survivre grâce à la potence et à la peur. La mollahrchie a exécuté plus de 1922 détenus en 2025, mais cela n’empêche pas les mobilisations populaires. Malgré la répression sanglante en cours qui se traduit par des milliers de morts tombés sous les balles des forces anti-émeutes et des miliciens du régime, malgré les milliers de manifestantEs arrêtés ces derniers jours, malgrés la coupure des communications et du black out total auquel est soumis le pays depuis le 8 janvier, le courage des manifestantEs est immense et la contestation ne faiblit pas. Déjà les signes de faiblesses du pouvoir apparaissent. Le directeur de la Banque centrale a démissionné, trois responsables de la sécurité d’universités ont été limogés, l'État a fermé les administrations dans 26 provinces et les cours des universités basculent en distanciel. Et cela n’est peut-être que le début !

Face à cette dynamique, les tentatives de récupération — notamment par les courants monarchistes — doivent être clairement rejetées. Ceux-ci n’hésitent pas à organiser une campagne de manipulation en modifiant les slogans sur les vidéos qui sortent d’Iran afin de faire croire à une adhésion des contestataires à la solution « monarchiste », et les services secrets Israéliens n’y sont pas pour rien , ce qui montre aussi le géant aux pieds d’argile qu’est le pouvoir des Mollah, qui n’a pu empêcher l’infiltration Israélienne dans le pays. Soutenu par Nétanyahou et Trump, le fils du Shah n’est pas un allié des peuples d’Iran. Son projet est autoritaire et ultralibéral. Il fait partie de l’internationale d’extrême-droite,qui a tout intérêt à priver une des seules puissances de la région à soutenir les forces armées Palestiniennes Les peuples d’Iran ne sont pas dupes. Ils n’ont pas renversé une dictature pour en restaurer une autre. Le choix n’est pas entre deux formes de despotisme, mais entre la poursuite d’un système fondé sur l’injustice et la construction d’un avenir fondé sur l’égalité, les droits sociaux et démocratiques et la dignité.

Ni l’oligarchie militaro-théocratique qui dirige le pays, ni les monarchistes et néolibéraux, ni aucune autre fraction de la bourgeoisie, ne peuvent répondre aux exigences de la rue.

Dans ce contexte, une mobilisation massive des travailleurs par la grève pourrait être déterminante pour imposer les libertés politiques et d’organisations, le partage des richesses, l’égalité des droits, le droit à l’autodétermination des peuples et la protection de l’environnement.

La solidarité entre étudiants, femmes, travailleurs, minorités nationales et la structuration démocratique de la mobilisation est la clé pour transformer la colère en force sociale organisée capable de renverser la RII. Il serait nécessaire que l’ensemble des forces en Iran et dans la diaspora qui se réclament des exploitéEs, des oppriméEs et des droits démocratiques convergent dans une structuration et une unité d’action commune. Ce sera la meilleure manière pour résister à la répression sanglante, pour contrer les menées impérialistes et réactionnaires incarnées par les monarchistes. Cela permettrait également de proposer une alternative basée sur les revendications sociales et démocratiques portées par le soulèvement. 

Tâches :  En lien avec les camarades kurdes et d’Iran de Roja et de Solidarité Socialiste avec les Travailleurs en Iran nous cherchons à construire des initiatives unitaires et des expressions communes de soutien aux mobilisations populaires en cours, sur des bases de classe, anti-impérialistes, féministes, de reconnaissance du droit à l'autodétermination des minorités nationales. Nous dénonçons les menées impérialistes et le courant monarchiste qui représente l’extrême-droite iranienne. Une attaque contre l’Iran ferait également retomber le mouvement , comme on a pu le voir il y a quelques mois . 

L’intersyndicale Iran (regroupant la CGT, CFDT, FSU, Solidaires et Unsa) peut être également un cadre permettant l’expression d’une solidarité avec le soulèvement en cours. Nous dénonçons les menées impérialistes et le courant monarchiste qui représente l’extrême-droite iranienne. La permanence et la montée du soulèvement nous obligent. Nous pouvons appeler à une initiative unitaire de soutien au soulèvement, et, en cas d’intervention US à une initiative au niveau national, et également prôner l’arrêt du blocus, qui étrangle plus le peuple Iranien que le pouvoir 

Ukraine : offensives russes sans répit et manoeuvres diplomatiques

La guerre d’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine entre dans sa 4ème année. Malgré tous ses efforts et la disproportion des troupes, l’armée russe ne parvient pas à percer la ligne de front s’étendant sur 1400 km. Le très lent grignotage se traduit par des pertes très élevées surtout du côté russe, qui subit aussi une crise économique croissante. Les ukrainien.nes sont épuisé.es par la guerre, et dégoûté.es de l’oligarchie corrompue qui les gouvernent, mais refusent de se rendre à un pouvoir colonial russe d’une férocité sans nom.

Le jeu entre Trump et Poutine pour imposer une paix au détriment des ukrainiens continue de se heurter en premier lieu à la résistance nationale ukrainienne, et à la difficulté des gouvernements européens à entériner un tel changement de rapport de forces international. Les manœuvres diplomatiques ayant un cessez le feu en perspective se poursuivent, avec par exemple le 6 janvier, la signature d’un document par une « coalition des volontaires" qui a réuni 35 États alliés de l’Ukraine (européens et américains) définissant des garanties de sécurité contraignantes, en premier lieu le long d’une ligne d’établissement d’un cessez-le-feu, avec la participation de troupes internationales. Mais les USA et l’UE profitent de la situation subie par Kyiv pour obtenir le plus d’avantages possibles sur le plan économique.

Pour asseoir son pouvoir et vassaliser l’Ukraine, Poutine a besoin de conquérir au moins l’ensemble des régions du sud et de l’est de ce pays, et il considère que les plans de déploiement de troupes européennes contrarieraient ces perspectives à moyen terme. Les exigences maximalistes de Poutine ont des traductions très concrètes : bombardements systématiques de toutes les infrastructures énergétiques pour priver la population d’électricité et d’eau dans un hiver glacial, « affaire » montée pour convaincre Trump et d’autres - sans succès - que le pouvoir ukrainien a tenté de bombarder sa résidence personnelle, lancement d’un missile terrifiant - mais peu armé pour l’occasion- dans le but de relancer la peur du nucléaire…

Les populations continuent de fuir, avec l’exil de dizaines de milliers d’hommes très jeunes depuis quelques mois, principalement dans l’ouest du continent européen, alors que le conseil de l’Union Européenne, qui a reconduit la protection temporaire jusqu’en 2027, prône la sortie progressive de ce dispositif, assortie d’incitations au retour et qu’en France les dispositifs d’hébergement sont supprimés.

Nos tâches :

Nous pouvons contribuer à une campagne pour exiger que les pays européens et la France envoient immédiatement des moyens supérieurs, militaires et civils pour empêcher et contrebalancer les bombardements russes sur les villes et infrastructures qui ont des conséquences dramatiques : ils ont ces moyens, et cela démasquerait au passage les grandes manœuvres sur le réarmement à long terme qui élude l’aide concrète à l’Ukraine pour viser des objectifs bien différents! Et à partir de là rappeler que des moyens devraient également être apportés avec la même urgence au peuple palestinien...

Nous continuons de valoriser les mobilisations des organisations ukrainiennes qui mènent le combat par en bas et sur deux fronts : résistance nationale armée et non armée, et lutte contre la politique ultralibérale du gouvernement Zelensky et de l’oligarchie dominante, par exemple contre une réforme en cours détruisant une bonne partie du code du travail. C’est un continuum essentiel renforçant l’argumentaire refusant de réduire le conflit à une guerre inter-impérialiste et défendant un peuple ukrainien dont la défaite serait catastrophique bien au-delà de lui-même.

Du 21 au 24 février sera l’échéance du 4ème anniversaire du déclenchement de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, Nous devons contribuer à la réussite des mobilisations prévues à cette occasion.

Nous revendiquons le droit pour les personnes sous Protection Temporaire à l’ensemble des droits sociaux en France, la reconduction de la directive au-delà de 2027 et l’attribution d’une carte de dix ans aux personnes sortant du dispositif de la PT.

Soudan :

En décembre, il s’agissait du septième anniversaire de la révolution soudanaise de décembre 2018, processus  très affaibli en raison de la situation de violence extrême créée par la guerre contre-révolutionnaire, processus qui se recentre aujourd’hui sur les secours aux populations

Cette guerre est une guerre régionale opposant la Turquie, l’Egypte et l’Arabie Saoudite qui soutiennent l’armée,  aux Emirats Arabes Unis qui soutiennent les Forces de Soutien Rapide (FSR), dans un pays transformé en champ de bataille ouvert : les FSR commettent un génocide et des crimes de guerre en toute impunité, les forces de El Burhan commettent également des crimes contre l’humanité. Les deux protagonistes ont néanmoins un objectif commun : se débarrasser des forces révolutionnaires qui pourraient menacer l’ordre régional.

Rappelons que les Forces de la Liberté et du Changement,coalition sous hégémonie de membres du parti bourgeois Oumma, et du conseil de souveraineté et d’associations qui les ont rejointes ont signé un accord en juillet 2019 avec les militaires pour accéder au pouvoir, mettant fin au régime d’Omar el-Bechir, plutôt que de poursuivre la révolution jusqu’à son terme. Ces derniers ont mené un coup d'État en octobre 2021. La guerre actuelle est le résultat de ce rapport de forces : l’armée régulière est en conflit avec les FSR commettant des massacres de populations civiles, soutenues par les Emirats Arabes Unis. La révolution de décembre 2018 continue de subsister dans les comités de résistance cherchant de nouvelles formes d’organisation.

L’impérialisme russe, présent depuis longtemps au Soudan notamment par l’entremise des ex-milices Wagner, a pu financer une partie de sa guerre en Ukraine avec les revenus de l’or soudanais et son alliance avec les FSR, tout en maintenant des liens avec Abdelfattah El Borhane, dans le but de voir enfin se concrétiser sa première base navale sur le continent africain à Port Soudan.

L’impérialisme français sévit au Soudan et des entreprises françaises profitent de la situation. Le Soudan est le premier fabricant mondial de gomme arabique et la France en est le premier acheteur, notamment les entreprises Nexira et Alland & Robert. Les exportations profitent notamment aux FSR. Par ailleurs, du matériel militaire français est envoyé au Soudan. La BNP Paribas a été déclarée coupable par un tribunal à New-York d’avoir facilité des transactions ayant profité au régime d’Omar el-Bechir. Enfin, la France a collaboré avec le régime soudanais pour tenter d’expulser des personnes exilées, par le biais du Processus de Khartoum. 

Tâches : Nous dénonçons les massacres commis par les FSR avec le soutien des Emirats Arabes Unis et ceux commis par l’armée de Abdelfattah Al Burhane. Nous dénonçons l’impérialisme occidental et l’impérialisme russe dans la situation actuelle, complice des forces contre-révolutionnaires dans la région.

Il n’existe actuellement pas de cadre unitaire de soutien au peuple soudanais mais il existe des organisations avec qui tisser des liens comme c’est le cas de Sudfa qui organise régulièrement des événements de solidarité sur tout le territoire et de Sound of Sudan qui a organisé une manifestation à Paris le 1er novembre dernier.

Résolution politique : situation nationale

1. Situation économique

Si l’inflation semble se résorber, les conséquences des politiques libérales et de cadeaux aux entreprises continuent de se faire sentir et d’aggraver les inégalités de revenus et de patrimoine. 

Les attaques du capital continuent (licenciement, démantèlement services publics, suppression postes FP) et celui-ci est sous perfusion de l’Etat. Il ne s’agit pas de choix inconséquents mais de choix imposés par la crise économique qui menace la dynamique de l’accumulation.

La liste des suppressions d'emplois et des fermetures de sites s’allonge : la CGT a recensé pas moins de 483 plans de licenciements entre septembre 2023 et décembre 2025, soit 300 000 emplois directs ou indirects supprimés en deux ans.

De nombreux secteurs de l’industrie mais aussi des services sont concernés, aussi bien les équipementiers de l’automobile, la sidérurgie, la  verrerie, la papeterie, l’agroalimentaire que la grande distribution : Forges de Commentry dans l’Allier, ArcelorMittal à Dunkerque, Novasco à Hagondange, les sirops Teisseire en Isère, Auchan, les usines Brandt dans l’orléanais, Demarey à Strasbourg, etc.

En matière d’emploi, le secteur le plus touché par les licenciements reste l’industrie, mais l’emploi est aussi en repli depuis deux ans, et de façon plus marquée en 2025, en raison de la baisse des contrats d’alternance, désormais moins dotés en subvention, et de la doctrine générale de diminution des effectifs dans les services publics. Nous devons, partout où nous sommes présentEs, participer à construire les mobilisations contre les licenciements, comme les camarades l’ont fait à Crolles en Isère contre la fermeture annoncée de Teisseire.

Avec 10 millions de FrançaisEs sous le seuil de pauvreté et 75% de la population en activité et l’importance de l’instabilité économique (plans sociaux, licenciements, ubérisation), il importe de défaire le discours bourgeois sur « le travail qui paie » qui ont été mobilisées par la droite de gouvernement depuis les années Sarkozy.

Pour rejoindre les préoccupations de notre camp social, après des fêtes de fin d’année qui sont les révélateurs d’importantes disparités économiques, il importe de remettre sur le devant de la scène politique la pauvreté et l’extrême-pauvreté en France – et tout cke qui l’accompagne, notamment autour du mal-logement, des difficultés à consommer, des dépenses d’énergies. 

Courant janvier, les mobilisations des collectifs de personnes sans papiers et sans logement face aux froids peuvent constituer un appui pour l’activité des comités et être prolongés par le parti en se mobilisant pour la réquisition des logements vides, et, de manière générale, sur la propriété privée et le patrimoine, en articulant les luttes antiracistes pour les personnes en situation de migration.

2. Situation politique

Fin de la séquence de mobilisation

Les mobilisations de la rentrée 2025 ont été plus fortes qu’habituellement, du fait de la situation de crise politique et institutionnelle conjuguée à l’appel « Bloquons tout » le 10 septembre, qui a obligé les organisations syndicales à resserrer le calendrier de rentrée habituel, en appelant à une journée dès le 18 

Le 10 septembre a été marqué par des blocages et des manifestations d’ampleur inégales selon les villes, parfois conséquents, mais avec des taux de grèves faibles sauf exception. Le périmètre du mouvement, lancé sur les réseaux sociaux, s’est de fait réduit aux milieux militants de la gauche radicale, dans toute sa diversité, et à certains secteurs syndicaux les plus combatifs. Il n’a pas été en capacité de proposer d’autres dates de mobilisation entre les journées proposées par l’intersyndicale.

Le mouvement a rapidement montré des limites, la décision de l’intersyndicale d’attendre la réponse du gouvernement à son « ultimatum » pour lancer une nouvelle journée d’action le 2 octobre, 15 jours après la journée réussie du 18 septembre, a conduit à un échec. Le débat budgétaire a alors commencé à polariser l’espace politique. La journée de grève du 2 décembre appelée par l’intersyndicale réduite à trois  CGT-FSU-Solidaires, a été un échec qui a signé la fin de la séquence de mobilisation.v

Il ne se dessine pas de reprise des mobilisations en janvier, en dehors des mouvements liés aux NAO dans le privé, et localement contre des fermetures et suppressions d’emplois, qui continuent dans un silence médiatique assourdissant, et à des mobilisations sectorielles dans le secteur public. Aucun mouvement d’ensemble n’est en vue pour le moment. La colère contre la politique menée par le gouvernement reste pour autant très forte, elle gagne d’ailleurs des secteurs qui constituent habituellement sa clientèle (les médecins libéraux par exemple), tout comme la revendication de justice fiscale ou la mobilisation du monde agricole. 

Crise agricole, DNC et accord Mercosur-UE

Depuis début décembre un important mouvement de contestation de la politique d'abattage des bovins afin d'endiguer la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), s'est organisé dans plusieurs régions.

La gestion de la DNC a en effet attisé la colère des éleveurs. Le gouvernement a préféré l’abattage des cheptels et a refusé de mettre en place une politique vaccinale de prévention et d’immunisation qui était pourtant défendue et demandée par les éleveurs. Il s'agit d'un véritable mouvement social qui déploie ses formes de lutte et ses mots d'ordre en créant des ponts entre les revendications socio-économiques, écologistes et les enjeux de santé publique. Le 10 janvier dernier, une centaine de personnes de la Confédération paysanne et des Soulèvements de la terre, appuyées par la CGT Paris, Solidaires, Cancer Colère et le collectif « Agro en lutte » d'étudiants d'AgroParisTech, ont envahi le périphérique parisien. La répression a frappé fort et deux porte-parole de la Conf ont été arrêtés tandis que les interpellations se poursuivent. La colère contre le Mercosur se répand aussi dans les DROM, en Bretagne, dans le Sud-Ouest et sur le port de Bayonne. Le 14 janvier les militant.es de la CP ont occupé le ministère de l'agriculture. Ils et elles dénoncent la co-gestion du ministère et de la FNSEA et démasquent une loi d'urgence qui perpétuerait la doctrine.

Les mobilisations ont regroupé des militant·es de la Confédération paysanne (CP) et de la Coordination rurale (CR) et parfois même des adhérentEs de la FNSEA ou des JA. 

La Coordination rurale est une organisation réactionnaire, qui s’est construite en opposition à la FNSEA, dont ses fondateurs sont issus, et à la réforme de la Politique agricole commune au début des années 1990. Sa proximité idéologique avec l’extrême droite est de plus en plus marquée. Climatosceptique, la CR est opposée aux normes environnementales, pratiquant intimidations et actions violentes aussi bien contre des militantEs écolos, depuis Sivens jusqu’aux mobilisations contre les bassines, que contre des institutions, en premier lieu l’Office français de la biodiversité, mais aussi contre la Confédération paysanne. 

La CR est depuis son congrès de 2022 dans un rapprochement plus assumé avec le RN, sous l’égide de Véronique Le Floc’h, qui affirmait que _« le RN est de droite et non d’extrême droite »_, puis de Bertrand Venteau, qui déclarait au moment de son élection : _«  Les écolos, la décroissance veulent nous crever, nous devons leur faire la peau »-. Mais la forte autonomie des fédérations départementales fait que les rapports au RN restent très variables, de la consanguinité avec Serge Bousquet-Cassagne dans le Lot-et-garonne à des relations plus distantes dans d’autres départements.

De son côté le RN voit la CR comme une porte d’entrée dans le monde agricole, même s’il cherche toujours à se crédibiliser auprès de la FNSEA-JA, qui continue à dominer le champ syndical dans le secteur. Les relations restent compliquées mais pour la première fois, lors des législatives anticipées de 2024 la FNSEA n'a pas appelé à faire barrage à l’extrême droite.

De nombreux responsables de la CR ont par ailleurs été candidatEs  pour le FN ou le RN lors de différents scrutins. 

Pour mémoire Christophe Barthès, viticulteur, réélu député en 2024 face à Philippe Poutou, est adhérent du FN puis du RN depuis 2007 et a été longtemps vice-président départemental de la CR de l’Aude. 

Enfin la CR n’est plus un acteur marginal du syndicalisme agricole. Lors des élections aux chambres d’agriculture de 2025 elle a fortement progressé, atteignant 30% des voix, et préside désormais dix chambres, contre trois en 2019, dont sept sur les douze de la région Nouvelle Aquitaine.

On peut voir cependant que certains responsables locaux de fédérations de la CR ont apprécié le soutien des députés LFI , et l’on fait savoir publiquement, en critiquant l’attitude et les votes des députés RN à l’assemblée nationale et au Parlement Européen.

La crise de la DNC met en lumière la détresse profonde et durable des éleveurEs : assez largement déconsidéréEs, endettéEs et précariséEs, leur activité n'est viable–quand elle l’est– que grâce aux aides publiques, alors qu'iels portent pourtant à bout de bras les immenses profits des autres acteurs de l’agro-industrie. La France est le premier producteur agricole européen, avec un marché de la viande et des produits laitiers de 82 milliards d’€ en France en 2024. 

Cette crise illustre aussi frontalement la place réservée aux animaux dans notre société : celle d'un capital productif à faire fructifier. Les émotions sincères d'indignation et de tristesse des éleveurEs et d'une partie de la population en réponse à l'abattage de 3000 vaches, pour une fois exposé au grand jour, témoigne d’une double perception quand 4 millions d'entre elles sont abattues chaque année pour être mangées sans provoquer aucune révolte.  

Cette séquence  met en lumière les contradictions du modèle agricole majoritaire. Les responsabilités de l'élevage industriel, pur produit du capitalisme, et du dérèglement climatique sont à nouveau flagrantes dans  la propagation des zoonoses comme la DNC. 

L’agro-industrie française et européenne est complètement insérée dans l’économie capitaliste mondiale, la compétition économique entre grands blocs internationaux et leur traduction dans des traités comme le Mercosur qui est un facteur aggravant de la crise agricole.

L’accord Mercosur-UE, qui doit être signé samedi 17 janvier, qualifié d’accord « voitures contre viande », va permettre aux entreprises européennes d’exporter plus de produits manufacturés vers les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay), tandis que ceux-ci pourront exporter plus de produits alimentaires et agricoles vers l'UE, en concurrence directe avec les productions agricoles européennes, en particulier françaises.

Dans ce contexte, le NPA, qui a été sollicité par la Confédération paysanne sur la question de l'élevage paysan, en lien avec la végétalisation de nos événements publics, maintient ses positions de soutien au modèle d’agriculture paysanne porté par la CF et à ses actions. Une rencontre entre nos organisations est prévue fin janvier.

Municipales

La séquence des municipales s’est ouverte. Elle est marquée par la division des organisations qui avaient constitué le NFP, avec dans la majorité des cas des listes PS-PCF-EELV d’un côté et une liste LFI de l’autre.  LFI n’a pas réellement mené de bataille pour l’unité, voire a attisé les tensions avec les autres forces en versant parfois dans le sectarisme, ou en recherchant l’hégémonie. La responsabilité première est néanmoins celle du PS qui a fait de l’absence d’accord avec LFI un enjeu de son dernier congrès, et renie le programme que ses députés ont défendu en 2024. Ses têtes de listes refusent même pour la plupart de se prononcer sur une éventuelle fusion avec les listes conduites par LFI au second tour. Le PCF, et EELV dans une moindre mesure, adoptent une ligne opportuniste pour maximiser leur nombre d’élu.es, votant la censure à l’Assemblée avec LFI, mais s’accordant avec le PS dans les villes. Alors que LFI était la force dominante de la NUPES puis du NFP, le rapport de force à gauche lui est désormais défavorable et la probabilité qu’elle parvienne à conquérir une ou plusieurs grandes villes est faible. Cette fragmentation a rendu difficile notre stratégie unitaire.

Le RN vise lui des villes moyennes et est en passe de franchir un cap dans son implantation municipale.

Le NPA participe à plus de 25 listes, très majoritairement dans des configurations unitaires, très diverses selon les situations locales, comme à l’accoutumée, avec ou sans LFI, mais avec des organisations et collectifs avec lesquels nous militons localement, sans nous lier dans des majorités de gestion avec la gauche sociale-libérale.

Cette campagne électorale doit être une séquence forte de mobilisation du parti et de notre classe. Il y a à la fois un enjeu de construction du parti, autant en termes d’expérience militante pour les nouveaux et nouvelles camarades qui nous ont rejoint récemment, que de recrutement et de rapprochement avec des sympathisantEs, de création de liens avec les milieux militants, politiques, syndicaux, associatifs ou autres collectifs de luttes locales, assemblées de quartiers, de voisinage… Elle doit donc nous permettre de nous tourner vers l’extérieur pour renforcer des liens déjà existants et/ou d’en créer de nouveaux.

La campagne est également une séquence d’élaboration politique importante, aussi au niveau du développement de notre programme et de notre discours. Celle-ci doit nous permettre d’affiner nos argumentaires sur des problématiques qui touchent notre classe, nos quartiers et nos villes ou villages. Nous portons des mesures transitoires, en lien avec notre programme écosocialiste, sur le logement, les transports publics gratuits, les cantines, la solidarité internationale, la suppression de l’affichage publicitaire dans l’espace public, services publics, violences policières et le désarmement de la police, le racisme systémique et institutionnel, les héritages du colonialisme, l’urbanisme (gentrification)... mais aussi une critique des institutions très peu démocratiques et d’une classe politique souvent déconnectée de la réalité sociale (notamment dans les grandes villes). Il y a enfin un intérêt à porter dans la campagne, puis idéalement dans les conseils municipaux ou métropolitains, l’idée que pour qu’il y ait de vrais changements il nous faut de l’auto-organisation, recréer du collectif pour résister, reprendre nos affaires en main pour bousculer l’ordre en place. Nous refusons la résignation et la normalisation d’une politique gestionnaire soumise au système néolibéral. Nos espoirs ne passent pas que par les urnes, mais il faut bien que cette parole soit entendue dans les institutions, comme dans la rue. Nous voulons faire entendre une autre voix, celle de la colère, celle des pauvres et modestes, exploité·es, précarisé·es, invisibilisé·es, exclu·es, marginalisé·es, ignoré·es ou ghettoïsé·es. 

Philippe Poutou sera tête de liste pour Rouge Bordeaux Anticapitaliste (RBA). Cette liste, dans un contexte très différent de celui qui avait présidé à la constitution de la liste Bordeaux en lutte sera l’apparition la plus visible du NPA à une échelle large, qui permettra aussi de visibiliser les autres listes auxquelles nous participons et globalement la participation du NPA à ces élections. 

Union des droites et retour des deux gauches

La situation politique est marquée par la poursuite de la construction de l’union des droites, sous hégémonie du RN. L’ appel de Retailleau à voter pour un candidat UDR soutenu par le RN contre lya candidate socialiste lors d’une législative partielle dans le Tarn-et-Garonne, en octobre, en est l’illustration. La proposition de loi de Wauquiez pour interdire le port du voile aux mineures, même si elle n’a pas encore été examinée et n’a aucune chance d’être adoptée, va dans le même sens.

À gauche c’est le retour des deux gauches. Le retour de la gauche sociale libérale, alliée objective du « bloc central » dans le débat budgétaire : ce sont les abstentions et les votes pour des Verts et du PS qui ont permis à Lecornu de faire passer le PLFSS sans avoir recours au 49.3 .Le même PS se félicite aujourd’hui des « avancées » que représenteraient les annonces de Lecornu et s’apprête à laisser passer le PLF..

Du côté de la gauche antilibérale, LFI est cornérisée depuis le 7 octobre sur le thème de l’antisémistisme et du « communautarisme », se concentre sur les échéances institutionnelles, d’abord les municipales, en attendant d'enchaîner sur la préparation des présidentielles.

Le champ politique est donc divisé entre le bloc des droites sous hégémonie de l’extrême droite, le bloc « central » avec les macronistes et ses alliés, qui aimante la gauche libérale, un bloc antilibéral et anticapitaliste avec LFI, le NPA-A et peu d’autres forces. Les autres organisations d’extrême gauche restent chacune dans leurs créneaux, activisme sans répit et dénonciation rituelle des directions syndicales pour RP et le NPA-R, repli sur ses positions syndicales et construction au bouton de veste de l’organisation révolutionnaire pour LO. Le POI est complètement intégré à LFI, où il sert de bras armé à la direction restreinte, dans la chasse aux opposants et le verrouillage des listes pour les municipales, comme nous le constatons dans de nombreuses villes

Construire un front de résistance

Dans cette configuration nous devons défendre malgré tout la perspective d’un front politique et social de l’ensemble de notre camp face au risque imminent d’arrivée au pouvoir de l’extrême droite. Le NFP peut sembler mort et enterré au vu de la division des appareils, mais l’aspiration à l’unité demeure. Nous militons pour l’unité, pas une unité abstraite mais l’unité comme un outil pour remettre notre camp social en mouvement, dans l’action, contre les politiques libérales et autour d’un programme de rupture avec les politiques d’austérité au service du capital. Tout en menant ce combat, nous travaillons de manière  privilégiée avec  la gauche anticapitaliste et antilibérale, au service des luttes mais aussi pour disputer à leurs côtés la direction de notre camp aux autres courants de la gauche. 

Nous prenons des initiatives pour construire cette politique, à commencer par des propositions de rencontre avec les organisations et collectifs de la gauche antilibérale et anticapitaliste, dans la perspective de construire un front large, ouvert,  de résistance à une montée de l’extrême droite qui menace l’ensemble de notre camp social et ses organisations.

Nous déclinons ce positionnement pour le second tour des élections municipales : nous défendons la fusion des listes de gauche, face à l’extrême droite ou à la droite, autour de mesures d’urgences pour notre camp social. 

Là où ces mesures seraient absentes, nous pouvons rechercher une « fusion technique » ou envisager le maintien au second tour de la liste à laquelle nous participons si elle n’ouvre pas la possibilité à une victoire de l’extrême droite. 

Organiser la discussion sur les présidentielles

La séquence présidentielle, qui se prépare déjà, va arriver immédiatement après les municipales. À ce stade on peut, sans grand risque, prédire qu'il n’y aura pas de candidature commune de la gauche sur ce qui a été le programme du NFP, et que Mélenchon sera candidat sur ce même programme. 

Un élément déterminant  sera le résultat des municipales. S’il y un sursaut à gauche, à la suite d’un raz de marée RN, il sera peut-être possible de réactiver la démarche du NFP, qui avait été un accord d’appareil mais sous pression de la base, en réponse à la possibilité de victoire du RN. 

Nous allons donc rentrer très vite dans la séquence présidentielle, avec la nécessité de tenir une CN en juin pour déterminer notre positionnement. Si le choix était de se présenter, une CN plus tardive ne permettrait pas de mettre l’organisation en ordre de marche à temps et nous avons besoin d’avoir une discussion large et approfondie avant de prendre une décision qui va nous engager pour la prochaine période. Il faut donc commencer à l’organiser dès maintenant.

3. Construire des initiatives sur les droits démocratiques

Si l’agenda des luttes est peu engageant côté syndical, l’urgence de la situation ne cesse de se signaler par l’incessante activité de répression et de fascisation de l’appareil d’État. Cette fascisation correspond à l’organisation par les coalitions de droite de politiques racistes qui stabilisent une politique d’exception, l’usage des institutions libérales à des fins réactionnaires et la contestation globale de l’Etat de droit.  
C’est la raison pour laquelle la défense des droits démocratiques doit faire partie de notre agenda unitaire - pas seulement en rejoignant des initiatives, mais en en impulsant directement ou via les cadres de masses auxquels nous participons. Il nous appartient d'œuvrer à réunir des associations de défense des droits aux organisations antifascistes. Unitaires et révolutionnaires, nous savons que les droits démocratiques constituent une base qui permet d’encourager notre classe, voire son avant-garde, à l’action en amenuisant les craintes de répression. 

La récente commission parlementaire sur l’audiovisuel public  nous alerte sur la liberté de la presse et peut nous permettre de déboucher sur une activité qu’il convient de tenter de construire pour tenter de concurrencer l'hégémonie culturelle acquise par l'extrême-droite. Dans ce cadre, nous pouvons suivre la campagne « Désarmer Bolloré » et œuvrer à l’amplifier. La réussite de l’événement organisé contre la nuit du Bien commun début décembre doit nous amener à nous sentir plus en confiance avec les cadres plus activistes qui ont pu organiser ces événements.

La liberté à une défense des libertés académiques, qui fait écho au seul mouvement national spontané d’ampleur parmi les personnels enseignants de l’ESR (Stand up for science, de décembre 2024 dernier), lancé par la revue Contretemps, proche du NPA, doit être soutenue et encouragée par une activité dans les universités et la jeunesse – autour de la contestation des sciences sociales par les politiques réactionnaires. 

La liberté d’expression est menacée par les lois liberticides sur l’antisémitisme – une articulation de ces enjeux doit permettre de construire un front large, et participer à soutenir les efforts menés pour réunir la communauté universitaire autour de thématiques antisionistes.

Les libertés de conscience et de culte, régulièrement attaquées par les lois islamophobes peuvent également être le lieu d’une reprise en main des revendications sur la “laïcité dévoyée”. L’initiative législative de LR ne doit pas masquer l’ampleur de la répression subie par les musulmanEs à travers des dispositions de l’exécutif : les expulsions d’imams se poursuivent, ainsi que leur surveillance et leur mise en procès. De même, le gel des avoirs à titre “préventif” des figures musulmanes jugées subversives touche de plus en plus d’acteurICEs de la communauté musulmane, des libraires aux créateurICEs de contenus en ligne.

4. Lutter contre le racisme et l’extrême droite

La lutte contre l’extrême droite constitue le deuxième volet de la mobilisation contre la fascisation

Là où les comités y participent, les campagnes municipales sont l’occasion de mettre en avant des réponses politiques à l’extrême droite, par les mesures transitoires que nous avançons dans les programmes, en apportant des propositions concrètes sur le logement, les transports, etc., qui impliquent une autre répartition des richesses.

La campagne contre les violences policières, articulée ou non aux municipales, et commencée en décembre, se poursuit mais ne constitue plus une priorité de l’organisation. Du matériel spécifique (brochure 8 pages, série d'autocollants) est disponible et pourra être réemployé.

Les échecs internes au mouvement antiraciste autonome dans la construction des mobilisations autour de la mort de Zyed et Bouna ont été un obstacle à l’organisation de notre activité : pour autant, l'actualité met en lumière la place des revendications internationalistes et antifascistes dans notre action politique devra dès lors être systématisée pour lutter contre les argumentaires nationalistes et mettre en évidence le caractère indissociable de l’argumentaire social et antiraciste.

Nous continuons notre politique unitaire avec les différents groupes et collectifs antifascistes, y compris les deux parties de la Jeune Garde.

L’antiracisme, frein d’urgence : antisémitisme et islamophobie, l’agenda des droites

Les premières victimes du fascisme sont les raciséEs : la fascisation implique de faireo de l’intervention antiraciste une de nos  priorités. Dans ce cadre, la défense des droits démocratiques doit être articulée à une lutte spécifique contre les politiques racistes.

La loi Yadan qui entend entériner l’assimilation de l’antisionisme à l’antisémitisme constitue une menace importante pour les Juifves et pour le mouvement pro-palestinien et antiimpérialiste.  L’offensive islamophobe actuelle sur les lieux de travail, comme l’illustrent les récentes affaires à la RATP ou à le licenciement d’une infirmière à la Pitié-Salpétrière, doivent être l’occasion d’une réponse unitaire la plus large possible. 

Dans cette perspective, il nous faut nous appuyer sur les dynamiques observées de prise en compte croissante de ces enjeux dans nos organisations syndicales.  

Sur l’islamophobie, le NPA s’est engagé dans une initiative afin de proposer la mise en place d’un front unitaire contre la loi Wauquiez et les lois islamophobes.

Sur l’antisémitisme, le NPA doit impérativement construire une propagande claire et sans concession sur l’assimilation des Juifs aux sionistes mais également face aux complaisances avec l’antisémitisme, y compris parfois à gauche. Les 20 ans de la mort d’Ilan Halimi, le 13 février, doivent permettre au NPA d’organiser un événement  qui clarifie les enjeux de la lutte, et qu’il conviendra de rapporter à l’ensemble du champ antiraciste. 

De manière générale, le NPA est engagé dans la lutte contre l’antisémitisme en propre et sa dé-singularisation du champ antiraciste : rapporter les 20 ans de l’enlèvement, la torture et l’assassinat d’Ilan Halimi aux 20 ans de la mort de Zyed et Bouna pour établir un bilan de l’antiracisme politique ou articuler les logiques conspiratoires et assimilationnistes du racisme d’Etat qui visent les musulmanEs aujourd’hui et qui ont visé les JuifVEs sont des pistes pour construire cet élargissement.

5. Féminisme : construire le 8 mars

Depuis quelques années, le 8 mars est redevenue une date de mobilisation importante pour les organisations du mouvement féministe et l’ensemble du mouvement social notamment les organisations syndicales. En particulier, le 8 mars a pu être une date servant de point d’appui  ou de catalyse à un mouvement social. C’était par exemple le cas lors du mouvement sur les retraites. 

A l’internationale, on observe aussi cette nouvelle vague, avec à la fois des mouvements massifs, capables d’arracher des victoires significatives pour les droits des femmes (lutte pour le droit à l’IVG, mouvement Ni Una Menos) et à la fois des mouvements féministes capables d'entraîner l’ensemble de l’ensemble de la société (Femme, vie, liberté en Iran, mouvement des femmes Kurdes, Chili etc…).

En France, les inégalités d’accès aux droits et les violences faîtes aux femmes perdurent, voire s’aggravent sur une série d’indicateurs (les jeunes hommes par exemple montre plus de préjugés envers les femmes que leurs prédécesseurs), en lien avec la montée de l’extrême-droite et de son idéologie, mais aussi avec la crise de la reproduction sociale. Comme toujours, les femmes les plus attaquées et fragilisées sont celles qui se trouvent au croisement de plusieurs oppressions et sont rendues plus fragiles par le fonctionnement global du capitalisme patriarcal : femmes précaires, racisées, lesbiennes ou trans, handicapées, sans papières, mères isolées…

Par ailleurs, depuis plus d’un an, des groupes d’extrême droite fémonationalistes tentent de s’introduire dans les manifestations féministes et de revendiquer à leur compte les mobilisations féministes. Pour y répondre nous devons tout faire pour construire des fronts unitaires. La préparation du 8 mars doit être une priorité pour l’ensemble de l’organisation et nos camarades devront œuvrer à l’organisation de mobilisations unitaires sur leurs villes mais aussi sur leur lieu d’intervention.

Pour développer la grève féministe sur les lieux de travail, d'étude et même les quartiers, on peut s'appuyer sur les appels syndicaux. Le 8 mars tombant un dimanche en 2026, les structures auto-organisées de type AG féministes, les groupes de quartier, ... seront précieuses pour organiser la grève des tâches domestiques. La préparation de cette mobilisation est une occasion pour réunir le maximum de militantes du NPA au niveau local, en particulier là où il n'existe pas encore de commission locale ou régionale sur l'intervention féministe

Il faut oeuvrer à intensifier l’articulation de l’antiracisme et du féminisme, soutenir les efforts du champ féministe et nous-même être actives en vue de cette articulation concrète : la solidarité sur les lois et règlements islamophobes en est un moyen important, il en est de même pour les efforts en vue d’une approche décoloniale de la solidarité internationale.

C’est dans une série de pays que l’on observe des reculs : aux Etats-Unis, en Pologne, en Italie, en Afghanistan… 

Cette année, le 8 mars sera marqué par l'accélération mondiale des conflits et des guerres ainsi que par des mouvements de résistances à l’international (Ukraine, Palestine, Iran, Venezuela etc.). Ce contexte global favorise les attaques et les violences faites aux femmes, notamment avec leur utilisation comme armes de guerre et comme éléments des génocides. Il y a donc une importance à porter dans les mobilisations du 8 mars notre orientation anti-impérialiste et contre les guerres pour qu’elle soit reprise à une échelle aussi large que possible. La construction d’un mouvement de solidarité internationale féministe est aujorud’hui très faible (La marche mondiale des femmes notamment ne represente quasiment plus rien) alors que c’est une necessité urgente.