Publié le Lundi 17 novembre 2025 à 22h22.

Résolution politique - CPN des 15 et 16 novembre 2025

Résolution sur la situation politique adoptée lors du Conseil Politique National du NPA-L'Anticapitaliste des 15 et 16 novembre 2025.

Résolution politique : situation internationale

Crise économique, crise écologique, instabilité mondiale et montée des conflits

La montée des tensions et des conflits à l’échelle internationale ne peut se comprendre qu’en revenant sur le contexte de crise économique mondiale et les enjeux liés à l’accès à l’énergie et aux ressources minières. Au stade actuel du capitalisme, crise économique et crise écologique sont intrinsèquement liées dans une fuite en avant productiviste et extractiviste qui n’a que faire ni des êtres humains ni de la planète. Notamment la production des terres rares est au cœur de l’industrie des hautes technologies, or elles sont aujourd'hui produites majoritairement en Chine dans des conditions dramatiques à tous points de vue. Le mirage de l’intelligence artificielle comme nouvelle révolution industrielle capable de permettre au capitalisme de surmonter cette crise nécessiterait des ressources énergétiques qui la rendent impossible.

Dans ce contexte, la place que cherche à prendre la Chine sur le plan industriel et technologique pousse dans leurs retranchements tant la puissance étasunienne que les pays de la vieille Europe. Les accords qui peuvent être trouvés ponctuellement avec ce pays comme la Russie ou d’autres, ne résisteront pas longtemps à la voracité du système et à la concurrence inter impérialiste.

Face à la crise de la production industrielle de masse et à la concurrence internationale acharnée, l’industrie militaire et de défense est une des solutions envisagées aujourd’hui par les puissances impérialistes. La tendance au réarmement était déjà engagée depuis plusieurs années mais elle connaît actuellement une phase d’accélération significative liée à l’extension des conflits et en même temps contribue à l’ouverture de nouveaux fronts ou à l’approfondissement des conflits existants.

Nous sommes dans une phase extrêmement instable de crise et de réorganisation du capitalisme qui se joue sur le plan des sphères d’influences mondiales, du contrôle des ressources naturelles, de la réorganisation de la production et du travail à l’échelle internationale, dont les conséquences sont terribles pour les peuples.

Dans ce contexte, la pression impériale des Etats-Unis sur le reste du monde s’accroit. La politique de Trump au moyen-orient, en amérique du Sud mais également la rencontre entre la Chine et les US pour un accord sur les droits de douanes indiquent une consolidation de la fin du “soft power” USA pour des méthodes plus directes et plus brutales. La multiplication des attentats - déguisés en attaques sur les narco trafiquants - au large du Vénézuela (et aussi au large de l’équateur), ainsi que le redéploiement d’une partie de la flotte presque 20% - jusqu'à présent stationnée quasi exclusivement au Moyen-Orient - vers les caraïbes indiquent clairement les possibilités d’une action militaire contre le Vénézuela.

Dans cette optique, la pression faible mais existante sur le gouvernement Israélien pour mettre fin aux hostilités à Gaza accompagne probablement cette dynamique. Le cessez-le-feu, qui n’en a que le nom, signe un redéploiement temporaire de la politique coloniale Israélienne avec l’aval de la communauté internationale. Israël s'apprête à annexer officiellement la moitié de la bande de Gaza et à créer une deuxième Gaza. En Cisjordanie l’apartheid atteint des sommets en pleine récolte des olives et les expulsions ont repris à Jerusalem est avec l’éviction de près de 800 personnes fin octobre.

L’Afrique est également le théâtre de confrontations violentes sous fond d'influences impériales et locales. Au Soudan par exemple, la guerre entamée dans le sillage de la fin de la révolution de 2019 a entraîné un conflit dont le peuple soudanais subit les conséquences de manière terrible : millions de déplacés, violences sexuelles utilisées comme arme de guerre, massacres de masse, famine...

En Ukraine, le régime poutinien poursuit les bombardements sur les villes et les infrastructures ukrainiennes, avec leur cortège de victimes civiles et une dégradation constante des conditions de vie et de travail de la population. Dans les territoires occupés, la politique de nettoyage ethnique et la russification forcée de la population s’accélèrent : les enfants ukrainiens volés sont envoyés dans des centres d’endoctrinement ou vendus en Russie sur des sites en ligne; les hommes ukrainiens sont recrutés de force et envoyés en première ligne du front pour servir de chair à canon. Deux exemples parmi d’autres qui montrent que la colonisation des territoires occupés est une autre modalité de la guerre qui ne s’arrêtera pas même avec un cessez-le-feu.

Des résistances partout dans le monde

Des résistances existent dans de nombreux pays à commencer par les Etats-Unis où les manifestations contre Trump réunissent des millions de personnes dans la rue. L’élection de Zohran Mamdani, perçu comme la gauche radicale du parti démocrate, à la maire de New York est la transcription déformée dans les institutions des aspirations des mobilisations de la jeunesse états-uniennes dans les universités en solidarité avec la Palestine, de la classe ouvrière, des féministes, du mouvement “black lives matter” qui ont secoué les USA ces dernières années et des mobilisations en cours.On est encore loin d’une riposte suffisante à la hauteur des enjeux mais les poches de résistances notamment contre les politiques de déportations ont radicalisé une partie de la population.

Cependant la lutte de soutien au peuple palestinien continue de structurer les configurations politiques notamment en Europe : mouvement de grève en Italie, manifestations importantes en Angleterre et aux Pays-Bas, élection d’une présidente de gauche en Irlande etc…

Mais un des éléments importants de cette rentrée reste les mouvements du Sud Global : les mouvement de jeunes dit « GenZ » au Népal, à Madagascar où les exécutifs ont été obligés de partir dont le président de Madagascar exfiltré par la France. Mais aussi l'Indonésie et le Maroc. Ces mouvements font globalement face à une répression violente, à des gouvernements qui bénéficient du soutien des puissances impérialistes qu’elles soient occidentales ou régionales.

La jeunesse lutte contre le délabrements des services publics, la corruption et l’accaparement des richesses par les bourgeoisies locales. Ces mêmes revendications trouvent un écho aussi en Amérique du Sud : Le 21 septembre a débuté une grève générale nationale en Équateur pour protester contre la forte hausse du prix des carburants, la montée de l'inflation, les coupures de courant et la violence des réseaux de narcotrafiquants. Depuis le début du mouvement, la répression policière, soutenue par l'armée à fait, à ce jour 3 morts, plus de 300 blesséEs, et de nombreuses arrestations. Le 7 octobre, le président Daniel Noboa à déclaré l'état d'urgence, renforcé les déploiements de troupes et suspendu les droits démocratiques dans dix provinces, Noboa qualifiant de «terroristes» les participants à ces manifestations majoritairement pacifiques.Les manifestations se produisant en Équateur s’inscrivent dans une tendance plus large sur ce continent, de résistance à la politique d’austérité sociale agressive et aux attaques contre les droits démocratiques menées par les dirigeants d’extrême droite comme Noboa, Nayib Bukele au Salvador, Javier Milei en Argentine et le gouvernement de droite actuellement dirigé par José Jerí au Pérou. Milei vient d’ailleurs d’avoir un soutien financier de Trump qui le sort de la faillite, faillite que ne l’a pas empêché de remporter les élections législatives.

Malgré le faible niveau de structuration de ces mouvements, ils réussissent pour certains à saper des pouvoirs déjà fragilisés et illégitimes sans pour l'instant parvenir à déboucher sur des perspectives politiques, sociales et démocratiques immédiates.

En Europe, les questions internationales tiennent une place importante également dans les mobilisations sociales comme on l’a vu notamment avec les grèves massives en Italie en solidarité avec la Palestine, les refus de chargement des dockers etc…Si le mouvement est significativement plus faible en France, il faisait malgré tout partie intégrante des mobilisations du début de l’automne avec notamment des revendications autour d’un budget pour les besoins sociaux et pas pour les entreprises et la guerre. La construction de la mobilisation pour la manifestation nationale du 29 novembre doit être vue comme la possibilité de faire passer un cap au mouvement notamment en travaillant à son unification. Pour ce qui concerne la France, l’affirmation de son influence passe entre autres par le maintien de son empire colonial notamment en Kanaky : l’inscription de l'accord de Bougival dans la Constitution remet en cause le processus de décolonisation issu des accords de Nouméa et Matignon.

Les urgences des prochaines semaines se focaliseront probablement autour d’une action militaire au Vénézuela et d’une accélération de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem Est en plus de Gaza qui est toujours en fait sous le feu.

Motion Kanaky

L’affirmation de l’influence de la France passe entre autres par le maintien de son empire colonial notamment en Kanaky. Lecornu a été désigné par Macron avec une feuille de route comprenant le budget d’austérité et la mise en œuvre du projet d’accord de Bougival.

Il s’agit d’imposer un État de Nouvelle-Calédonie intégré à la France avec une citoyenneté calédonienne niant le peuple Kanak et l’arrêt du transfert des compétences régaliennes prévu par les accords de Nouméa. Le parlement a voté un nouveau report des élections provinciales au printemps 2026 avec l’appui de 56 député·es socialistes (sauf les ultramarin·es). Mais, sous l’avis contraignant du conseil constitutionnel, ce vote se fera sur la base du corps électoral spécial et ne pourra plus être reporté.

La bataille pour la décolonisation de la Kanaky « n’est ni close ni négociable. Elle doit se poursuivre et arriver à son terme, avec la pleine souveraineté de Kanaky » comme le dit le communiqué du FLNKS du 4 novembre. Cette négociation doit s’effectuer « dans un cadre clair, loyal et partagé » comme il le demande à la ministre en charge.

Mais Naïma Moutchou a annoncé à la fin de sa visite en Nouvelle Calédonie une consultation locale sur le projet d’accord de Bougival fin février. Avec Macron, elle s’entête dans le passage en force plutôt que d’écouter les premier·es concerné·es sans écouter le FLNKS que le gouvernement prétend reconnaître comme acteur incontournable.

La question des réparations est un élément de la négociation. Elle doit inclure celles provoquées par l’Etat français suite au passage en force du dégel du corps électoral en mai 2024, et aussi les spoliations et massacres de la colonisation depuis 173 ans. Il devra inclure aussi les déportés kanak en France avec la prise en charge de leur retour et de leur réinsertion en Kanaky.

Nous soutiendrons le FLNKS dans toutes ses initiatives pour que l’année 2026 soit celle de la naissance de l’État de Kanaky.

Résolution : situation nationale partie 1

A l’assemblée, la crise politique se poursuit et s’amplifie, puisque le bloc central, déjà très minoritaire, ne cesse de se réduire et de s’affaiblir. La montée en puissance des tensions fait réapparaître le vieux clivage entre les deux gauches, qui organise la politique française depuis un quart de siècle. Sur leurs champs respectifs, la CFDT et le PS incarnent le visage d’une gauche libérale, qui cherche un compromis avec la bourgeoisie et tourne le dos à toute réelle perspective de rupture avec le capitalisme. L’enjeu de ce compromis est aujourd’hui la retraite, puisqu’au-delà de la comédie du « décalage » de trois mois de l’application de la réforme de la retraite, la CFDT et le PS cherchent en réalité à s’entendre avec le patronat autour d’une retraite à points, qui représenterait une nouvelle défaite majeure pour la classe ouvrière.

Le positionnement du PS est toutefois rendu difficile par la radicalisation de la bourgeoisie, qui ne leur laisse que peu de grain à moudre. Ainsi, alors que Lecornu leur avait originellement proposé une « suspension » de la réforme des retraites, Macron n’accepte désormais plus qu’un simple « décalage », dont le coût doit être intégralement répercuté sur les retraités, par une nouvelle dégradation de la revalorisation de leur pension. Nous ne savons en l’état pas ce que feront les députés socialistes : refuseront-ils d’être absorbés par le bloc central en finissant de mauvais gré par voter la censure ? poursuivront-ils leur dérive jusqu’à ne pas s’opposer à l’adoption d’un budget de régression sociale historique ? Une chose est en tout cas sûre : cette politique amplifie les divisions entre les forces politiques à gauche et les déconsidère dans une frange de plus en plus large de la population.

Il est possible que le gouvernement finisse par être obligé de passer par ordonnances à défaut de 49.3 et de découper la séquence entre adoption des recettes et des dépenses, diluant ainsi le moment de l’affrontement sur le budget. Globalement, le gouvernement Lecornu parvient à paralyser le mouvement social en dilatant le temps institutionnel autour du budget.

Dans ce contexte, si nous appelons toujours à l’unité de toute la gauche contre le péril fasciste, nous dénonçons plus que jamais les compromissions de la gauche libérale avec les politiques de la bourgeoisie qui, en désespérant les classes populaires, font le lit de l’extrême droite. Surtout], nous constatons que la crise du régime renforce toujours plus la perspective d’un affrontement entre d’un côté, l’extrême-droite, dont le projet politique est chaque jour renforcé par la politique de Macron et de l’autre, le pôle de la gauche de transformation qui, en raison de la volonté du PS de ne pas censurer le gouvernement Lecornu, est aujourd’hui sous l’hégémonie de la FI et Mélenchon. C’est donc à la FI que revient d’abord la responsabilité de rassembler la gauche.

Dans ce contexte, nous affichons envers la FI et les autres forces de transformation notre disponibilité à participer à toute démarche unitaire, permettant de mener la bataille contre l'extrême droite, de mettre notre classe en mouvement, de défendre des revendications pour notre camp social face aux attaques antisociales, racistes, sexistes, LGBTIphobes, etc. Nous nous attachons aussi à rappeler que la gauche sortira perdante si elle s’enferme dans le seul jeu parlementaire en oubliant que c’est dans le mouvement social que réside notre force. C’est ce qu’exprimait notre campagne de rentrée « Reprenons la rue ! » et qui doit, sous cette forme ou sous une autre, continuer à nous animer. Une séquence de mobilisation qui se referme

Suite au développement pendant l’été d’une initiative sur les réseaux sociaux, au départ en partie confuse, la rentrée sociale a été marquée par le début d’un mouvement social en deux temps, avec la journée du 10 septembre, à l’appel de « Bloquons tout ! », puis celle du 18 septembre, à l’appel d’une l’intersyndicale très large. Rassemblant successivement plusieurs centaines de milliers de personnes, puis un million de personnes dans la rue, le mouvement connaît un certain succès : sans majorité à l’Assemblée pour voter son budget et devant la crainte d’un embrasement Bayrou a dû demander le vote de confiance, anticipant sa chute dans une tentative finalement assez réussie de désamorcer le mouvement social. Ceci a donné un sentiment de victoire avec la suspension de son budget austéritaire et notamment la suppression des deux jours fériés initialement prévue.

Malheureusement, alors que ce mouvement embryonnaire était bien parti, la politique de l’intersyndicale l’a conduit droit dans le mur : la distinction maintenue entre le 10 et le 18 au lieu d’appeler aux deux dates, le choix d’attendre deux semaines entre le 18 septembre et le 2 octobre en posant un ultimatum sans rapport de force, ont de fait anéanti le début de mouvement social auquel nous assistions.

Sans servir un discours antisyndical qui n’aide pas à construire l’unité, nous devons honnêtement présenter le bilan stratégique catastrophique de ce choix politique. Dans un contexte où les organisations traditionnelles du mouvement ouvrier se trouvent affaiblies, la responsabilité de son chef d’orchestre est d’autant plus primordiale – ce rôle étant de fait assumé depuis la mobilisation contre la réforme des retraites par l’intersyndicale. De fait, l’intersyndicale a refusé d'accélérer la crise de régime qui couve. Par ailleurs, elle est divisée sur le fond, entre la CFDT qui est favorable à la retraite par point et qui ouvre la porte à la casse du système de retraite par répartition voulu par le gouvernement et le patronat et des organisations plus combatives comme Solidaires ou la CGT mais qui ont pour stratégie unique l’unité syndicale à 8, sans capacité d’offrir pour le moment des de réelles perspectives de luttes interprofessionnelles ou même sectorielles. Il est à noter que la stratégie de négociation et d’accompagnement du pouvoir portée par la CFDT est reprise par le PS sur le champ politique et institutionnel.

Néanmoins, la crise politique ne cesse de s’accentuer – le gouvernement demeure très faible, et un rien pourrait provoquer une reprise des mobilisations. Cela est d’autant plus nécessaire que seul un mouvement social d’ampleur sera à même de contrer l’extrême droite qui se rapproche chaque jour davantage du pouvoir. Néanmoins, la crise politique ne cesse de s’accentuer – le gouvernement demeure très faible, et un rien pourrait provoquer une reprise des mobilisations. Cela est d’autant plus nécessaire que seul un mouvement social d’ampleur sera à même de contrer l’extrême-droite qui se rapproche chaque jour davantage du pouvoir.

Résolution : situation nationale partie 2

Zyed et Bouna on n’oublie pas La situation actuelle est aussi marquée par les 20 ans de la mort de Zyed et Bouna, qui viennent rappeler la véritable nature des violences policières. Ces dernières ne sont pas de simples bavures, ni même les résultantes d’un schéma de maintien de l’ordre de plus en plus musclé. Les violences policières sont la manifestation la plus crue d’un Etat qui assure un ordre raciste et colonial à l’intérieur même du territoire national : rhétorique déshumanisante (Zyed et Bouna sont morts peu de temps après que Sarkozy a promis de « nettoyer » les « racailles » au « Kärcher »), contrôles au faciès, arrestations arbitraires, unités spéciales en roue libre (BAC, Brav-M), meurtres pour « refus d’obtempérer », protection et impunité des meurtriers… Et quand les victimes de cette guerre sociale et raciale font éclater leur légitime révolte, en 2005 comme en 2023 après la mort de Nahel, la réponse de l’Etat, forgée dans l’expérience des guerres coloniales, est à la hauteur de la crainte qu’il éprouve : quadrillage du territoire, matraquage médiatique, État d’urgence, lois d’exception, militarisation des pratiques policières.

S’il frappe avant tout la jeunesse racisée des quartiers populaires, cet ordre policier a des répercussions sur l’ensemble du corps social, dans un contexte de fascisation rapide : en témoignent la répression de plus en plus brutale des manifestations avec des moyens démesurés (blindés, armes de guerre), la criminalisation et la judiciarisation de l’action militante, l’usage extensif des lois liberticides (systématisation de la surveillance par drones présentée au départ comme exceptionnelle), sans compter le dangereux glissement sémantique désignant désormais les opposant.e.s ou les manifestant.e.s comme des « factieux », des « terroristes », des « barbares » ou des « sauvages »…

La contestation de l’ordre policier, raciste et colonial doit donc être un point d’appui pour aider à la fois à la constitution de fronts unitaires de défense des libertés démocratiques permettant d’unifier notre camp social, et à la clarification d’une conscience de classe au sein du mouvement. Cela appelle des initiatives fortes de la part de notre organisation dans les semaines à venir (voir le point « Nos tâches »).

Préparer la séquence des municipales

A côté de la crise politique et de la bataille parlementaire sur le budget 2026, la séquence des Municipales est ouverte et s’étendra sur tout le premier trimestre. Elles sont un enjeu stratégique majeur pour l’ensemble de l'échiquier politique et notamment pour le RN qui inscrit complètement la conquête des villes dans sa stratégie pour les présidentielles de 2027. Bien que nous ayons conscience de l’insuffisance de la prise de contrôle des institutions pour changer le destin de notre camp social, il y un triple enjeu à participer aux municipales : à la fois, faire échec au renforcement de l’implantation du RN et à la prise de villes partout sur le territoire, expérimenter et faire vivre notre orientation localement et aussi prolonger partout où c’est possible les expériences unitaires (quelles que soient leurs formes), à partir de déclinaison locales, d’un programme de rupture, comme ce qu’a porté celui du NFP.

Le RN (immédiatement suivi par la droite et une partie de la gauche de gestion du système) polarise déjà la campagne sur les questions sécuritaires (en les nourrissant avec le racisme mais aussi avec des discours fémonationalistes et de défense des classes populaires). Face à cela, nous articulons notre campagne avec notre politique antiraciste, féministe et antisécuritaire, avec des propositions pour une politique sociale, écologique aux services des classes populaires.

Pour cela, nous partons des luttes locales, qui peuvent avoir lieu sur le logement, sur les transports gratuits, sur l’accès aux soins, sur les refus des grands projets inutiles, ou encore sur la Palestine, en mettant par exemple en avant la campagne BDS et/ou en remettant en cause les jumelages avec des villes israéliennes.

L’élaboration de liste pour les municipales et la campagne qui s’en suivra sont aussi un moyen de construire des rapports durables avec les forces politiques de gauche (à l’appréciation de chaque situation locale), les structures de luttes locales, collectifs de défenses des services publiques, de droits au logement etc. et de porter leurs/ces revendications dans les programmes des municipales. C’est aussi l’occasion de consolider notre milieu sympathisant et de l'entraîner dans une activité concrète du parti.

Mouvement féministe

Depuis plusieurs années et avec le mouvement MeToo, les luttes féministes attirent de nombreuses jeunes militantes, et arrachent des victoires partout dans le monde. Loin de n’être que des mouvements “niche” elles sont un vecteur de mobilisation et de politisation pour des millions de femmes et minorisées de genre, et permettent ensuite de faire le lien entre les oppressions vécues au quotidien et les différentes formes d’exploitation. Ainsi, elles ne sont pas uniquement limitées à une lutte « sectorielle » mais portent bien la capacité de devenir des points d’appuis à long terme pour l’ensemble du mouvement ouvrier.

En particulier, la question des violences faîtes aux femmes et aux minorisé·es de genre a pris une importance de plus en plus importante dans les mobilisations féministes non seulement médiatiquement depuis le mouvement #MeToo, ou en France Balance Ton Porc mais aussi parce que de cette prise de parole a découlé un changement important dans la manière dont les violences sont perçues dans la société : affaire Pelicot, Betharram, Le Scouarnec, La manada en Espagne… de plus en plus la violence masculine est dénoncée comme un système.

La date du 25 novembre constitue donc une véritable échéance de mobilisation qui va au-delà de la question des violences. Faire le lien entre les violences et la questions de l’autonomie des femmes et des minorisées de genre; Réclamer des budgets adéquat pour la prévention et la prise en charge des violences et de leurs conséquences; Développer la solidarité féministes entre femmes cis, trans, minorisées de genre, femmes musulmanes, femmes racisées, handies, grosses, etc. ; Faire face aux attaques de l’extrême droite et en particulier aux tentatives d’incursion du fémonationalisme; Développer notre solidarité internationale.

En France, au niveau national plusieurs cadres unitaires existent : d’un côté le cadre unitaire Grève féministe, dans lequel le NPA intervient, qui réunit associations (CNDF etc.), syndicats et partis politiques. De l’autre côté un cadre autour de Nous Toutes qui réunit d’autres associations mais sans partis ni syndicats. L’objectif du NPA est de réussir à proposer des mobilisations communes, ce d’autant que dans la majorité des villes en dehors de Paris, les cadres unitaires locaux sont communs entre des associations Nous Toutes et des syndicats, des partis etc. L’objectif est donc d’avoir une seule date de mobilisation et une seule manifestation. Idéalement la date du 22/25 novembre doit se co-construire avec d’autres dates de mobilisations et en faisant le lien avec celles-ci : à la fois sur les questions d’oppressions comme le TDOR, le mouvement antiraciste et lutte contre les violences policières, mais aussi sur l’actualité sociale :

Nos tâches

1. Construire l’unité de notre camp social pour faire gagner nos revendications

Nous sommes à l’avant-garde sur nos lieux de travail et d’études, dans nos syndicats, pour pousser à reprendre les mobilisations partout où c’est possible. À l’échelle locale, nous essayons d'agréger les secteurs en lutte ou qui pourraient le devenir. Nous développons notre propagande autour de mots d’ordre agitatoires sur la question du budget, des services publiques, des salaires, de la défense des emplois. Nous nous adressons nationalement et localement aux forces politiques de notre camp (voir modèle de lettre pour la FI, mais qui peut être modifié pour servir pour d’autres orga) pour voir avec lesquelles nous pouvons prendre des initiatives publiques pour renforcer les mobilisations. Le 2 décembre, la CGT, la FSU et Solidaires appellent à se mobiliser et se mettre en grève contre le projet de budget, pour gagner l’abrogation de la réforme des retraites, pour nos salaires et l’emploi. Malgré ses limites, le 2 décembre est une date centrale dans l’activité des comités et des militantEs du NPA qui travaillent à réactiver les cadres nés en fin d’été et en septembre, à faire dialoguer les différentes composantes de la lutte, des OS aux collectifs plus radicaux, à construire l’auto-organisation des travailleurs.euses partout là où c’est possible. Il est possible qu'à ce moment-là, comme lors de la mobilisation contre les retraites en 2023, la question démocratique comme le fond du projet du budget seront dénoncés et potentiellement explosives. À nous de lier les 2, en liant grève dans les secteurs, mobilisation populaire et dans la jeunesse contre le coup de force démocratique, front social et politique entre le camp syndical et le temps politique.

2. La campagne « Reprenons la rue »

Nous développons notre campagne de construction « Reprenons la rue »,pour apporter des perspectives en termes de revendications et de modalités de mobilisations, d’articulation entre front social et politique.. Nous poursuivons notre campagne de meetings et de réunions publiques organisées par les comités dans les régions. À Paris,de façon centrale, nous prévoyons une grande date construite par l’ensemble de l’organisation pour décembre.

3. Municipales

Dans le cadre des municipales, là où c’est possible, le NPA-A poursuit son travail de constitution de liste unitaire pour faire barrage à l’ED et pour porter des programmes pour notre camp social. Les comités peuvent s’appuyer sur les argumentaires produits par les commissions en lien avec le GT municipales. Une campagne nationale doit être construite et mise en œuvre pour présenter les enjeux des municipales 2026, soutenir les listes auxquelles nous participons et mettre en avant les mesures concrètes d’un programme écosocialiste à l’échelle locale.

4. Manifestation nationale Palestine

Le 29 novembre est la journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien et pour la première fois depuis le début du génocide, un appel de la plupart des organisations de gauche a eu lieu pour faire de cette date une montée nationale à Paris. Plus de soixante-dix organisations syndicales, associatives, politiques, de jeunesse et de nombreux collectifs appellent à cette manifestation. Il s’agit d’une mobilisation et d’une échéance centrale pour le NPA-A et nous demandons aux comités de participer au groupe spécifique mobilisation Palestine avec les réunions bihebdo du dimanche soir (et sa boucle, liste mail et serveur discord), de faire de cette montée nationale une priorité du travail unitaire dans les différents cadres locaux de mobilisation.

5. Violences policières

Dans le contexte des 20 ans de la mort de Zyed et Bouna, et en lien avec nos analyses sur la nature raciste et coloniale de l’ordre policier, le NPA mène partout, une activité sur la question des violences policières. Cette activité s’appuie sur un document central (format 8 pages) à diffuser, et sur l’équipe site et réseaux sociaux afin d’alimenter nos supports numériques (visuels, Poing Hebdo…). Là où les cadres existent encore, nous portons ces questions dans les mouvements “indignons nous/bloquons tout”. Le CPN du 15-16 novembre fera un point sur l’état de cette campagne et ses déclinaisons au niveau local ; un document pour indiquer des supports d'action et des moyens de mobilisation sera transmis par le groupe de travail. La fin de cette campagne est prévue début décembre, un premier bilan pourrait donc être effectué à ce moment, même si des initiatives peuvent évidemment se prolonger selon les situations des comités.

6. 25 novembre : journée internationale de lutte contre les violences faîtes aux femmes et minorisé.es de genre

Depuis plusieurs années, le 25 novembre s’est imposé comme une date centrale pour le mouvement féministe permettant de mettre en avant la question des violences faîtes aux femmes et minorisés de genre. Dans le même temps, la date du TDOR (Trans Day of Remembrance) le 20 novembre est de plus en plus investie au-delà des seuls collectifs LGBTI. À Paris nous sommes investis dans le cadre unitaire de la préparation du 22/25 novembre qui a une relative portée nationale, dans les villes nous déclinons cette politique en essayant de construire des manifestations unitaires (associations et collectifs féministes et LGBTI, syndicats, partis) en développant sur : La nécessité de mise en place de budget permettant d’avoir de véritables moyens pour la prévention (éducation, santé, formation…), l’accompagnement des victimes, le maintien d’associations féministes de lutte contre les violences etc ; Le lien entre les violences faites aux femmes mais aussi plus largement celles faites aux minorisées de genre (personnes non binaires, femmes trans etc.) notamment en lien avec le TDOR, mais aussi celles faîtes aux enfants (avec l’actualité concernant les violences morales, physiques et sexuelles faîtes aux enfants : Bétharram, poupée pédopornographique en vente sur Shein, affaire Le Scouarnec etc.) ; La mise en avant des violences faites aux femmes musulmanes et aux femmes racisées, notamment en lien avec la montée de l’islamophobie et de l’extrême-droite. La solidarité internationale en particulier avec les femmes dans les zones de génocides ou de guerre (Palestine, Soudan, Congo, Ukraine…) ou celles qui font face à des attaques ou des reculs importants de leurs droits (Afghanistan, USA, Pologne, Italie…) ; Les villes sont invitées à faire remonter les informations sur les manifestations prévues localement auprès de la CNIF.

7. La Manifestation du 30 novembre en lien avec le 1er décembre journée mondiale de lutte contre le VIH-SIDA, à l’appel d’Act Up Paris, aura cette année pour mot d’ordre : “Le monde se fascise, l'épidémie s'éternise". La politique de Trump vis-à-vis de l’Onusida mène à une catastrophe sanitaire dans les pays du Sud global, qui nous fait faire un bond en arrière de vingt ans. Les militant.e.s du NPA, notamment celles et ceux de la région parisienne, doivent donc s’inscrire dans cette mobilisation annuelle.