Après la grande mobilisation du 17 octobre et la focalisation sur les affrontements, dégradations et vols, des couvre-feux sont instaurés dans plusieurs villes comme Paris, Marseille, Lyon, Toulouse, Nice, Lille, Bordeaux et bien d’autres. Cette méthode coloniale du maintien de l’ordre a pour unique but d’empêcher toute mobilisation et de justifier une répression encore plus brutale contre celles et ceux qui refuseront de se taire.
Dix ans de macronisme, ce sont des fermetures d’hôpitaux, des fermetures d’écoles, une recrudescence de la mortalité infantile, une explosion du coût de la vie, de la pauvreté et du chômage et bien d’autres violences encore.
Les raisons de la révolte sont nombreuses et légitimes. Les gens ont faim et n’arrivent plus à se loger ou à se soigner. Au lieu de pourvoir aux besoins essentiels de la population, ce pouvoir illégitime fait depuis des années le choix de la répression pour imposer par la force son agenda néolibéral contre la volonté de la population.
Ce gouvernement et ceux qui l’ont précédé sont les seuls responsables de la colère qui a éclaté le 17 octobre. Pourtant, ils rejettent la responsabilité sur les organisations politiques et syndicales de la gauche antilibérale qui veulent rompre avec ce système. Pire, pour dédouaner le gouvernement et les intérêts du grand patronat de toute responsabilité, certains médias et responsables politiques s’adonnent à des lectures racistes de la situation en pointant du doigt les personnes non blanches, l’immigration et les musulmanEs. Un argumentaire repris sans attendre par Trump et Poutine.
Ces discours racistes, qui déshumanisent les jeunes révoltéEs, discréditent toutes les raisons de leur colère et légitiment le choix d’une répression brutale et ciblée. Dans la continuité de cette logique raciste et autoritaire, des couvre-feux ont été décrétés et prolongés partout sur le territoire. Cette méthode est utilisée depuis longtemps par l’État français dans ses colonies et dans les quartiers populaires.
Comment s’étonner que les politiques et discours racistes de nos gouvernants nourrissent des passages à l’acte, comme cela vient de se passer à Trappes et à La Verrière ce vendredi 23 octobre, où une terrible tuerie raciste a fait au moins un mort et quatre blesséEs graves ?
Comme un écho à l’histoire, ce 17 octobre, nous commémorions aussi la mort de manifestantEs algérienNEs noyéEs dans la Seine par la police en 1961, alors qu’ils protestaient précisément contre le couvre-feu qui leur était imposé. Le préfet de l’époque, le collaborationniste Maurice Papon, avait donné carte blanche à sa police. Les propos de certains responsables politiques réclamant aujourd’hui toujours plus de moyens et de latitude pour la police font froid dans le dos. Le sénateur LR Pascal Coste a, lui, plus directement rappelé au ministre de l’Intérieur que l’État a le devoir « d’abattre ceux qui veulent l’abattre ». Lui comme tous les autres devront être tenus responsables des conséquences de tels appels au meurtre ! De son côté, Nuñez a déjà prévu de mobiliser l’armée, le GIGN ou le RAID lors des mobilisations du 24 octobre !
Couvre-feux, répression administrative et interdictions de manifestations : face à la misère qu’il a provoquée et à une colère qu’il ne peut plus contenir, le pouvoir répond encore une fois par la brutalité et des mesures liberticides. La situation dramatique que nous vivons appelle à la responsabilité et à l’unité de l’ensemble de la gauche sociale et politique.
Le NPA-l’Anticapitaliste propose à l’ensemble des organisations politiques, syndicales et associatives alarmées par cette destruction accélérée des libertés publiques de prendre ensemble et urgemment des initiatives unitaires pour un sursaut démocratique.
Ensemble, exigeons :
• la suspension des couvre-feux, partout ;
• la libération immédiate des personnes interpellées et l’amnistie pour les personnes condamnées ;
• la fin de l’usage d’armes mutilantes lors des manifestations et le désarmement de la police.
Le NPA-l’Anticapitaliste réitère son appel à amplifier les mobilisations en cours pour répondre aux besoins de la population et mettre un terme à cette fascisation de l’ordre néolibéral qui prépare le terrain à l’exercice du pouvoir par le RN.
La révolte est légitime.
Montreuil, le 23 octobre 2026